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The Servant : The Servant
par Patrice B.     

The Servant : The Servant (Recall / Sony)

Fraîchement débarqué d’Angleterre, The Servant est en passe de devenir une nouvelle référence dans l’univers étriqué et consensuel de l’electro-rock. Après la sortie de 2 maxis en 2001, et une série de showcases, The Servant revient avec un « vrai » album enregistré en trois semaines sous la houlette du prod des Chemical Brothers. Retour sur une ascension fulgurante…

Originaire d’un charmant petit village anglais, Buckinghamshire, Dan Black, futur leader du groupe, supporte très difficilement l’école. Une seule solution s’offre à lui, se réfugier dans la musique : « Je me suis intéressé à la musique très tôt. Mon père avait une vaste collection de disques, donc j’ai entendu les Beatles, les Stones et Dylan très jeune. Môme, j’étais très branché par Prince et Jane’s Addiction, puis par Bowie, Lou Reed, the Velvets vers la fin de l’adolescence. Et des tonnes de hip-hop. Je ne me suis jamais contenté des groupes de guitares blancs… »

A 16 ans, Dan quitte définitivement l’école et s’installe à Londres : « Dès que je suis arrivé à Londres, j’ai voulu être dans des groupes. C’était la seule chose que je voulais faire. Je me retrouvais à jouer dans trois groupes différents et chez moi, je passais quand même tout mon temps à enregistrer des chansons sur mon 4-pistes. » C’est là qu’il rencontre Matt Fisher (basse) et Trevor Shape (batterie).

Puis sortent deux maxis : Mathematics en 2000 et With the invisible qui voit l’arrivée de Chris Burrows à la guitare. Le style oscille entre punk-funk et electro-rock. Tout un programme ! Car enfin, il va bien falloir un jour définir le style. The Servant, premier vrai album du groupe va nous apporter la réponse.

Enregistré en trois semaines dans les studios Garden à Old Street avec Steve Dub (Chemical Brothers) et mixé chez Dan à Highgate jusqu’à ce que ça le rende "complètement cinglé", ce premier album contemple leur conception abstraite de Prince et des Smiths, sur toile de fond pop classique.

Le premier single extrait de cet album éponyme, « Orchestra », qu’on commence à entendre régulièrement en radio et dont le clip commence à être diffusé timidement sur certaines chaînes, reflète à lui seul cet état d’esprit et ce son novateur, mélange de sonorités électro sur une mélodie pop.

L’album débute par la chanson « Cells », et déjà, après quelques minutes, on se surprend à chanter le refrain. Et bien, The Servant, c’est ça. Des arrangements originaux, des mélodies qui restent scotchées dans la tête… En clair, contrairement à beaucoup d’autres groupes, on apprécie The Servant pour ses chansons, et non pas pour la voix du chanteur, qui n’a, au demeurant, rien d’extraordinaire, mais qui s’inscrit dans la longue lignée des timbres vocaux british, reconnaissables à cent kilomètres à la ronde…

« Beautiful thing » surprend agréablement par ses harmonies, « Liquify » nous ensorcelle, et ça continue de plus belle ! A ceux qui n’auraient pas encore compris, j’ai littéralement craqué sur cet album. Cet album réussi le tour de force d’être novateur, faisant sauter les barrières entre l’electro et la pop, tout en s’inscrivant dans la mouvance brit-pop et en signant quelques-unes des plus belles mélodies qu’un groupe anglais ait jamais composé.

Attention, The Servant vient d’arriver... Si vous ne voulez pas être à la traîne, c’est le moment de les découvrir !

Site web : www.recallgroup.com/theservant

 
Article publié le 08.03.2004

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