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Nolderise - Audioplayers
par Damien P.     

Nolderise - Audioplayers
(Tôt ou Tard / Warner)

L’humour en musique… Voilà un sujet délicat. Si la cause est acquise en littérature et au cinéma, il faut avouer que c’est une autre paire de manches lorsque l’on décide de dérider l’auditeur lambda. Pourquoi ? Tout simplement parce que la musique, c’est sérieux, mon bon monsieur. Attention, il n’est nullement question ici d’un humour à la Bratisla Boys, qui annonce la couleur avant que la chanson commence. On parle plutôt de Frank Zappa et autres Mr Bungle, où le décalage est plus subtil et pervers.

Pourquoi aborder ce sujet ? Parce qu’il se pose lorsque l’on jette une oreille sur « Audioplayers ». Si vous posez la question à n’importe quel artiste, tous vous répondrons qu’ils ont beaucoup d’humour, sans vraiment apporter une réponse satisfaisante. Il en est de même pour cet album. On ne peut vraiment croire que ce groupe se prend au sérieux lorsqu’il lâche un « Ich bin ein Auto, du bist ein Fisch » sans crier gare. Tout de vient en revanche plus complexe avec « Speak To Me » plus conventionnel.

Le voile commence à se lever quand on se penche sur la bio du groupe. Nolderise assume un penchant pour la house sans lâcher pour autant leurs chers instruments de musique. Et cela s’entend. Pas de son ultra travaillé ni de surproduction donnant la nausée. Au contraire. On les sent plus proches des productions des années 70 avec un son mat, sans fioritures. En revanche, aucun mot sur l’autodérision qui pourrait mener la musique de ces quatre garçons.

Le mystère demeure entier. Tantôt pop japonaise (« Videomonster »), tantôt ersatz kraftwerkien (« Du bist ein Fisch »), l’album se balade de références en clins d’œil, lorgnant sans complexe vers les années 80. Et c’est vraiment là le problème. Le revival 80s nous a rappelé malgré nous que cette époque a élevé le mauvais au rang d’art. On a atteint des sommets. Je doute (du moins j’espère) que l’on connaîtra une telle époque dans les décennies à venir. Plus de son bon marché, plus de batteries électroniques hideuses au possible, plus de production agressive nous faisant croire que tous les disques sont enregistrés dans des cathédrales…

Tout cela est d’autant plus effrayant que cette époque est redevenue à la mode. Les bobos ont déterré un cadavre malheureusement encore en putréfaction. Deux solutions se présentent : soit ce groupe manie la dérision avec une certain charme, soit il profite du regain d’affection soudain pour les années 80. Dans le premier cas, on souhaite à Nolderise d’aller encore plus loin, quitte à dérouter.

En revanche, si la seconde option s’avère être la bonne, je crains (ou j’espère) qu’on n’en entendra plus parler d’ici quelques mois, le temps que cette mode absurde passe. Contrairement à ce que certains ont l’air de penser, les dancefloors ne se sont pas de simples décharges publiques musicales. La fête, oui, mais pas à n'importe quel prix.

Site officiel : http://www.nolderise.com

 
Article publié le 13.10.2003

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