Marisa Monte, un concert de « variétés
»

Une belle découverte que cette jeune brésilienne
! En concert le 25 octobre dernier au Grand Rex à Paris,
elle a su conquérir et reconquérir son public par
une variété de styles et de rythmes tout à
fait étourdissante.
Gainsbourg est mis à l’honneur dans les premières
minutes : sa voix rauque inonde la salle et la scène, plantée
de toiles blanches réfléchissant photo et autres petites
animations. Puis, vêtue d’une robe froufroutante, Marisa,
grande silhouette noire aux cheveux magnifiquement bouclés,
entre et entame « Amor I love You » le premier titre
de son dernier album « Memorias, crônicas a declaraçoes
de amor ». Sa voix sensuellement cassée confère
à cette manière de ballade d’amour -dans la plus pure
tradition des rengaines- une puissance à vous donner des
frissons ! Les effets de lumières habillent, mettent en valeur
une formation musicale « béton » : de chaque
côté de la scène, une grosse caisse, puis, une
batterie traditionnelle et un autre ensemble de percussions (au
total quatre fantastiques percussionnistes sur scène), une
basse, un clavier et une guitare. On passe de rythmes rock classiques
et puissants, à des sonorités tribales… La voix de
Marisa Monte est un instrument à part entière offrant
de véritables « duo » avec les percussions, tandis
que très vite intervient une « mandoline », qui
nous emmène, portés par la samba, au Brésil,
sans détour… Marisa retrace, en français, l’histoire
de ces sambas qu’elle emprunte au répertoire populaire traditionnel,
rend hommage à ses pairs. C’est ensuite une guitare qui «
scratche » avec sa wahwah, qui compose avec une guitare classique,
toutes distorsions dehors, sur une ballade. Mélange des genres
somme toute plutôt agréable…
Douce, Marisa Monte ondule devant son micro, décrivant
de ces mains des centaines d’arabesques, ou contrôlant, pareille
à un chef d’orchestre, l’intensité des percussions.
Respectueuse, elle présente tous ses musiciens avec modestie.
Elle évoque les albums qu’elle a produits (« OmeletteMan
» de Carlinhos Brown, et un album de samba traditionnelle
en collaboration avec le groupe Portela) et interprète certains
des morceaux qu’ils contiennent. Bref, on se sent, au sein d’une
communauté brésilienne venue nombreuse, véritablement
en famille… Une famille qui se lève pour danser sur les derniers
morceaux, qui acclame la chanteuse et qui en demande encore ! !
!
A 33 ans Marisa Monte semble se faire une place sur la scène
internationale. Une voix, un pays, une culture très
« en vogue » par chez nous sont la recette d’une réussite
annoncée en Europe. On regrette cependant un penchant marqué
chez Marisa Monte pour un style « pop commercial » un
peu plan-plan… Personne n’est parfait !