Zazie : Ze live (Mercury
/ Universal) paru le 23/04/03
Je ne ferai à personne l’affront de présenter
Zazie, mais, si besoin est, il y a dans nos archives un très
bel article sur la damoiselle ! Moi c’est de Ze Live,
de Zazie squatte le bataclan et de Zazie sème
la Zizanie que je vais vous parler. Perso, c’est de pied
ferme que j’attendais ce double album aux multiples éditions
collector issus de 2 mois de squattage au Bataclan et de ce même
spectacle repris en tournée.
Passée l’Intro, c’est « Larsen »
qui nous embarque sur des rythmes électro dans un monde "extra-terrien",
la planète Zazie. Zazie plus radieuse que jamais
(eh oui je l’ai vu sur scène !), sort son « Cheese
», son paradoxe entre sa « Zen »-attitude
et la bête de scène complètement cinglée
qu’elle est (Et ça n’est pas une insulte, cinglé,
dans le Zazictionnaire !) et c’est parti.
Au milieu de son chez elle, entre le chien-chien à sa
mémére, les sauts sur le lit, la popotte et le linge
étendu, elle entonne « Un point c’est toi ».
Elle sème « La zizanie », elle est là
pour ça, et le public l’a bien compris et fait de même
(quoique sur l’album cela ne se ressent pas toujours, le public
parait calme voire absent sur certains titres) mais avec Zazie
faut toujours se méfier des apparences.
C’est en fermant les yeux qu’on s’envole en écoutant «
Aux armes citoyennes » interprétée d’une
voix parfois rauque qui ajoute du charme à celle qui n’en
manque déjà pas.
« On éteint » tout, on sort les briquets,
les larmes pour certains (plutôt certaines) et la planante
« La vie devant moi » poursuit le rêve
et nous envoie « Dans la lune » en duo avec Fabien
Cahen compositeur du titre et guitariste ici.
Et là ! là ! Après le sketch du talking
bonnet (non présent sur Ze live : complètement
cinglé la nana je vous dit !) c’est là qu’un somptueux
instrument chinois entame « Tous des anges »
et le public se révèle et rend le titre paradisiaque
(il n’y a vraiment qu’elle et son équipe pour penser à
utiliser ce type d’accompagnement : quel bonheur !).
S’en suit un autre duo « Je ne t’aime pas »,
le titre dit tout, l’anti-chanson d’amour par excellence brillamment
interprété par Vincent Baguian un Zaziesfriend
et par la quasi-comédienne (si si sur scène elle chante,
danse (enfin essaie), interprète, fait un one woman show…).
Je me fais remettre « A ma place » par LA
voix grave d’Axel Bauer qui vient lancer la réplique
à la voix douce et suave de ce petit brin de femme. Une petite
pause est maintenant nécessaire, et oui il faut bien passer
au deuxième CD (je vous avez dit que c’était un double
album !).
Ça y est ça repart avec « Chanson d’ami
» aux arrangements très originaux, mystiques. Le
public est plus sage que jamais (on pourrait penser à un
titre studio) mais les remerciements de l’artiste, toujours aussi
douée pour le maniement des mots, nous rappellent ses doutes,
ses joies, et la raison pour laquelle elle fait ce métier.
« Au diable nos adieux » se passe dans la
même ambiance mais « La fan de sa vie »
met le feu aux poudres. Zazie se laissant porter délicatement
par ses fans, et traversant ainsi le public sur le dos.
Miss contradiction après ce passage survolté nous
emmène (seule sur scène avec son piano) sur sa plus
belle ballade (à mes yeux du moins) « Sur toi »
et là c’est re-émotions, re-briquet… un très
beau moment.
« Danse avec les loops » le survolté,
« Adam et Yves » défenseurs de la communauté
gay tout aussi survolté, « Tout le monde »
militant anti-gros-méchant-loup-du-deuxième-tour…
Ainsi s’enchaînent les titres plus rythmés les uns
que les autres, plus électro que jamais et là c’est
l’hystérie dans la fosse (en tout cas à Strasbourg…).
Zazie prend son pieds en faisant répéter
au public tout se qui lui passe dans la tête, ici c’est bien
gentil, à Strasbourg ça s’est fini, après quelques
minutes, avec choucroute& Co…
C’est à ce moment que je comprends toute la dimension
d’un live, Zazie absente de scène, assise dans les
gradins lance « Si j’étais moi », je bois
les paroles, absorbe les émotions, croise des regards et
ressent la douleur des mots et des vocalises de détresse
du final sur un fabuleux combat de piano/violon.
Croyons alors à une fin enivrante c’était sans
compter sur « Rue de la paix » et sur un titre
spécialement composé pour les gens qui se déplacent
aux concerts « 3 p’tits tours » une manière
bien délicate de nous dire au revoir, ou plutôt, je
reviendrai… (très très beau titre !)
En clair, j’ai trouvé le concert d’une exceptionnalité
Zizanesque. Les jeux de mots y prenant tout leur sens, ce double
album est nécessaire car la voix n’est pas le même
(plus changeante et plus accrocheuse), les émotions transmises
par cette généreuse dame se ressentant que mieux en
live.
Seules deux ombres au tableau, à mon humble avis. Tout
d’abord les collectors (hormis les couvertures) ne sont pas des
plus recherchés, des photos floues, de bonnes idées
(la boite aux lettres des fans) mais qui ne sont peut être
pas assez poussées !
Ensuite, le public, pourtant beaucoup plus causant, plus participant,
plus donnant d’habitude, paraît légèrement mou.
A conseiller néanmoins rien que pour la beauté des
textes, la plume de l’auteuse et les réarrangements et les
réinterprétations de sa bande de musicos.
Maintenant a vous de semer la Zizanie chez vous et de faire entamer
à vos voisins la danse du balai contre le plafond….
Le site tout aussi délirant qu’elle : www.zazieonline.com