Solidays 2003 - Mickey 3D / The Music
/ Earth, Wind & Fire
Quelle journée mes amis, quelle journée ! Tout
était réuni pour que les choses se passent bien (beau
temps, pas trop chaud - programmation tout à fait exceptionnelle
et variée - organisation plus que rodée pour cette
5ème édition - bénévoles et public hyper
détendus et enthousiastes) : ça c’est passé
mieux que bien, c’était simplement épatant ! Rares
sont les festivals qui arrivent à allier cause (la lutte
contre le sida), don (les bénévoles et les associations
qui ont vraiment fait un travail super, les artistes qui se sont
vraiment « donnés » sur scène, et les
intermittents qui ont malgré leurs soucis actuels tenu leur
poste avec brio) et réussite artistique/professionnalisme
(de nouveau les artistes et les intermittents, ainsi que les organisateurs,
qui tous ont assuré un festival de haut vol).
Retour sur trois concerts qui ont vraiment donné envie
d’arriver vite à l’année prochaine pour la 6ème
édition !...
MICKEY 3D -
16h43 : le concert est prévu pour 17h, et déjà
une belle petite foule s’est amassée sous le Dôme,
l’une des quatre scènes montées sur l’hippodrome de
Longchamp pour l’occasion. Le public se densifie, dans une ambiance
bon enfant, et quelques clameurs retentissent sporadiquement lorsqu’un
technicien passe sur la scène encore sombre pour quelques
réglages de dernière minute, annonçant l’imminence
de l’entrée du groupe, visiblement très attendu.
Quelques effluves de kebab, quelques centilitres de boissons
diverses renversés, c’est la fête, quoi. Bonne humeur.
Chaleur humaine, mais paradoxalement pas de désagréable
promiscuité pour une manifestation qui pourrait, si l’on
y pense, facilement tourner au pique-nique glauque, dont les participants
prêteraient une oreille distraite à quelque vague fond
sonore en tétant des frites et sifflant des bières.
Non. Aux Solidays, le public, clairement, est avide de ce qui va
se passer, et il est bien là. Il est là, maintenant,
détendu mais attentif.
17h00 : pétantes. C’est le terme, car non seulement
les Mickey 3D entrent en scène ponctuels comme la garde de
la Couronne d’Angleterre, mais la foule à présent
compacte du Dôme détonne littéralement, et mugit
son plaisir de voir enfin les artistes prêts à assouvir
ses oreilles voraces. Que la musique commence !
Pas encore : petite intro de Mickey, fort bien accueillie du
reste, sur le plaisir de participer pour la première fois
au Solidays, sans oublier de notifier à cœur ouvert le soutien
aux intermittents du spectacle. Applaudissements. Et la musique
commence pour de bon.
D’emblée, c’est chaud côté salle. Très
chaud : ça chante, ça saute, ça délire.
Difficile de prendre quelques clichés, de trop loin, dont
l’un (sans doute le moins raté) illustre ce modeste paragraphe.
Mickey apprécie la pêche du public, et ce dernier s’exclame
encore plus. Ça va en s’amplifiant : « Demain finira
bien », « Yalil » et les autres chansons enthousiasment
de plus en plus, et, quand « Respire » est entonné,
une clameur ! Et là, quasiment tout le monde chante. Super
ambiance.
17h47 : tentative. Celle de choper le groupe au sortir
de scène pour recueillir ses impressions sur ce concert,
sur le public, et plus si affinités. Départ anticipé,
donc, mais c’est pour la bonne cause (celle de vous offrir, à
vous lecteurs d’Amb, quelques questions/réponses d’une interview
à chaud au sortir de scène, et éventuellement
une belle photo off stage.) Malheureusement, les Mickey
3D sont attendus ailleurs, et vont devoir filer dare-dare une fois
le show terminé. Dommage.
18h03 : le temps de regretter un peu et de revenir du
côté foule, le concert est fini, et les festivaliers
se dispersent plus ou moins, en fonction des concerts auxquels ils
souhaitent assister…
Une excellente prestation. Non seulement le groupe ne se fout
pas de la gueule du monde sur la qualité de son jeu sur scène,
mais en plus, les techniciens et ingés-son se sont vraiment
mis en quatre (et c’est vrai pour chaque concert) pour que le son
soit au niveau de la partie artistique. Le public est conquis, forcément.
Une heure super agréable, à en regretter même
que ce ne fût pas plus long…
THE MUSIC -
18h48 : hésitation. Vaut-il
mieux finalement rejoindre Fabien au concert des Wriggles, ou accomplir
son devoir et couvrir ce concert d’un groupe que je ne connais que
de nom ?... Plus aucune hésitation : un passage urgent par
la case « WC » s’impose ! Ouh la la, vite, viiiiite
!!!
19h00 : après cette étape bien obligée
au stand pipi-rooms (n.b. : fort bien organisé et
équipé par ailleurs), le Dôme est plein à
craquer, et le concert des Wriggles commence… Donc, retour à
la scène Bagatelle, d’où proviennent déjà
quelques crachements de guitare saturée.
Quatre jeunes hommes sont déjà là et prêts
à jouer, devant le public qui vient de se mettre debout.
L’un d’eux, le chanteur visiblement, rappelle étrangement
Roger Daltrey, le chanteur des Who. Je tente une photo, mais je
suis vraiment trop loin, et je doute qu’elle passera pour la mise
en ligne (si vous la voyez accompagner cet article, vous avez de
la chance !).
19h02 : une claque dans la tête ! Le temps de réaliser
que ça commence vraiment très bien, je vois les premiers
rangs qui s’agitent et pogotent déjà sur cette musique
Rock tendance néo-70’s mâtinée de Pop anglaise
: c’est tout simplement excellent. Le son est vraiment génial
(chapeau bas aux technicos), et je dois dire que je ne suis finalement
pas malheureux de me retrouver loin en arrière, car ça
crache fort (j’ai les oreilles sensibles).
La voix aiguë de Robert Harvey est idéale sur cette
musique ; les effets donnent aux titres une dimension quasi-surnaturelle
par moment, et en tout cas une ampleur qui donne envie de bouger.
Vraiment. Harvey présente chaque titre (« This song
is called : "Human" », ou « This is a new
song :" »…, etc.), et tâche ainsi de communiquer
avec une foule qui se fait de plus en plus grande et qui commence
déjà à porter quelques prétendants au
stage diving.
Les sonorités alternent, et l’impression générale
(excellente) laisse hésiter entre The Who, Deep Purple première
période, The Verve et, dans une certaine mesure, Led Zeppelin.
19h38 : alors qu’au départ, seules peut-être
les 10 premières rangées de foule semblaient vraiment
« dans » le concert - les autres semblant découvrir,
comme moi, The Music - , les vibrations électrisent à
présent la quasi-totalité d’un public que je sens
aussi médusé que moi.
Quelque chose qui ne m’étonne pas : je vois parmi les
festivaliers, des « moins jeunes », génération
70’s qui se regardent un peu ébahis, avec un sourire un peu
effaré, comme s’ils se disaient « Ma parole on retombe
dans l’adolescence ou quoi ? ». Car vraiment, l’on retrouve
avec ce concert le son des meilleurs lives des grands groupes du
rock anglo-américain des années 70-80.
20h01 : The Music remercie le public français du
Solidays, après une session vraiment fabuleuse, et quitte
la scène. Cette foule qui a triplé depuis le début
du concert commence une fois de plus à plus ou moins se disperser,
tendance « on va se chercher de quoi casser la graine ».
FA-BU-LEUX ! Des musiques bien pêchues, un son à
casser la baraque, un jeu de scène extraverti, bref : The
Music est un vrai groupe de scène, et le public a su l’apprécier
à sa juste valeur. Un grand moment du Solidays.
EARTH, WIND & FIRE -
22h40 : la nuit est presque tombée sur l’hippodrome
de Longchamp. Devant la scène Bagatelle, la plus grosse masse
humaine de la journée attend EWF avec une impatience croissante.
J’attends quant à moi devant l’avant-scène pour tâcher
de prendre quelques clichés
Intéressants. On me précise que les photos ne seront
possibles que durant la première chanson, alors faudra pas
se rater… On commence à entendre les essais instruments,
et la tension monte.
22h00 : une gigantesque acclamation accueille la douzaine
de musiciens qui déboule sur scène. Entrée
dans l’avant-scène pour les photos, et la musique commence
! J’en prends plein les oreilles, mais qu’est-ce que c’est bon !
Ils sont là, droit devant, et d’emblée ils se donnent
à fond. Un RÉ-GAL. Et puis, il faut bien le dire,
avoir une légende de la « funk-soul-disco-rhyhtm’n’blues»
music à environ quatre mètres de distance, forcément,
ça électrise.
Ces sept premières minutes annoncent bien ce que va être
le concert : un pur moment de bonheur, une heure durant laquelle
les meilleurs titres de ce groupe de légende vont embraser
à nouveau, parfois 30 ans plus tard, les plus jeunes comme
les plus anciens fans. Le public est super chaud, les musiciens
aussi : je crois bien que c’est LE concert de ce samedi.
De « Let’s Groove » à « September »,
les plus grands tubes d’EWF sont repris avec une patate qui laisse
pantois : après plus de 30 années de carrière,
quoiqu’en disent certains, la formation n’a rien perdu de sa superbe
ni de son charisme ni de sa puissance : pas une seule personne dans
le public ne peut s’empêcher de danser, de sauter, ou de chanter.
23h07 : c’est trop d’bonheur ! Le groupe nous fait sept
minutes de rabe pour terminer en beauté. Sans « couper
la zique », comme dans les vrais shows à l’américaine,
on nous présente les musiciens : « Ladies and Gentlemen
» etc. La foule est plus chaude que jamais, même
si la fin est annoncée. Le bouquet final, cuivres syncopés
et batterie bouillante, sonne le départ du groupe, au grand
dam de la véritable vague humaine qui s’est réunie
ce soir sur l’hippodrome pour voir ce mythe en live.
Mais tout le monde, sans exception, repart
heureux, avec de la magie plein les oreilles et les yeux.
Génialissime ! Quel talent, quel panache ! Quels showmen
! Pour clore cette première journée fortement estampillée
rock (ce qui n’était pas pour me déplaire, d’ailleurs),
le choix « EWF » était sans doute le meilleur
qui fut. Quand on termine sa soirée, pour rentrer dans la
nuit noire, sur un tel concert, ça fait franchement du bien.
Si seulement ils pouvaient être encore là l’année
prochaine…
Pour cette première journée du Solidays, le
coup fut un coup de maître : chapeau bas aux personnes chargées
de la programmation, ainsi qu’aux techniciens, intermittents du
spectacles et bénévoles pour la qualité de
l’organisation, et bien sûr, un grand bravo aux artistes qui
se sont donnés à 100% pour le grand plaisir des festivaliers.
L’un des meilleurs festivals auxquels je sois allé
ces 10 dernières années. Alors que ceux qui ont manqué
l’événement cette année se promettent une chose
: NE SURTOUT PAS MANQUER ÇA L’ANNÉE PROCHAINE !
Photo : Fabien M.