Solidays 2001 (article du 16.07.2001)
Le week-end dernier s'est déroulée
la troisième édition du festival Solidays, organisé
au profit de la lutte contre le sida. La cause avait réuni
de nombreux artistes venus d'horizons différents dans le
but de participer à cette grande fête et, pour certains
plus que pour d'autres, de transmettre un message. C'est ainsi que
l'on a vu se côtoyer des rockeurs comme Iggy Pop ou Matmatah
avec des musiciens, pop, reggae, trip hop tels que Rachid Taha,
Sinsemilia ou encore Morcheeba.
N'ayant pu personnellement
assister au festival, je ne saurais vous faire un compte rendu de
ces deux jours. Un espoir subsiste tout de même, étant
donné que deux membres de l'équipe AMB
s'y sont rendus. Je vais donc de ce pas recueillir leurs impressions…
Tout d'abord, bonjour à tous les deux.
Eric P.(E) : Bonjour.
Thomas B.(T) : Salut
!
C'est votre premier Solidays à tous les deux ?
E : Oui, je n'ai même jamais assisté à
un vrai festival. C'était donc une vraie première
pour moi.
T : Pour moi aussi. La seule expérience
musicale que j'ai vécue et qui pourrait s'en approcher est
le Printemps de Bourges.
Avez-vous rencontré des problèmes relatifs à
l'organisation ?
E : Non, pas spécialement. La circulation de jour
était relativement aisée. En revanche, il est vrai
que, de nuit, on se perd vite.
T : Oui. De plus, étant
donné que tous les concerts se suivaient, un mouvement de
masse se créait pour passer d'un concert à l'autre.
D'un côté, cela te permet d'assister à tous
les concerts, mais en contrepartie, tu dois subir tous ces mouvements
de foule, ce qui est assez fatigant à la longue.
Quels groupes avez-vous vu lors du festival ?
E : A la base, je suis venu pour voir Morcheeba, car j'adore
vraiment ce groupe. Mais j'ai tout de même gardé l'esprit
ouvert, prêt à écouter et apprécier toute
bonne musique. Malheureusement, je n'ai pas pu voir beaucoup de
groupes. Parmi les plus connus, je citerais Morcheeba et Matmatah.
T : Pour ma part, j'ai pu rester durant tout le festival.
J'ai donc pu voir Rachid Taha, Tété, Morcheeba, George
Clinton, Iggy Pop, Kassav', Sinsemilia et un collectif reggae dans
lequel jouaient les membres de Zebda.
Quel concert vous a le plus marqué ?
E : Sans hésitation Morcheeba. D'une part, parce
que je les adore et que je connais bien ce qu'ils font. J'ai été
par conséquent plus réceptif que pour les autres concerts.
D'autre part parce qu'ils ont vraiment bien joué et que l'ambiance
qui se dégageait était vraiment très agréable.
J'ai passé un très bon moment.
T : Plusieurs
groupes nous ont offert une très belle prestation, tels que
Rachid Taha, George Clinton, que j'ai beaucoup apprécié
mais qui en a surpris plus d'un ! Il faut dire qu'en voyant arriver
le guitariste en couche-culotte, on s'est posé quelques questions
! Mais ma préférence va vers les groupes qui ont vraiment
fait participer le public, comme Sinsemilia ou Morcheeba (qui a
joué "Singing In The Rain" lorsque la pluie est
arrivée). Mon coup de cœur ira cependant à Kassav'
qui a vraiment "mis le feu" ! Tout le monde dansait, il
y avait une réelle communion entre le public et les musiciens.
J'ai passé un excellent moment.
Et inversement, quelle est votre plus grosse déception
?
E : Matmatah. Ils ont mal joué, ils étaient
là sans vraiment l'être. Je m'attendais à beaucoup
mieux de la part d'un groupe qui se dit être "de scène".
Une mauvaise expérience. D'ailleurs, personne n'était
dupe, beaucoup de gens sont partis dès les premiers morceaux.
T : Oui, pour moi aussi, Matmatah a été
la plus grande déception de ce festival, d'autant plus que
j'aimais bien ce groupe. Les influences bretonnes ont complètement
disparu. On avait vraiment l'impression d'écouter un mauvais
groupe de rock "bourrin", le tout étant à
peine audible !
Plus généralement, comment avez-vous trouvé
l'ambiance du festival ?
E : Plutôt bon enfant. Un climat très jeune,
on sentait que tout le monde était là pour passer
un bon moment et s'amuser. De plus, le fait que cela se passe dans
un champ associé à l'arrivée de la pluie n'était
pas sans rappeler une ambiance à la Woodstock.
T : Tout le monde était relax, il était très
facile de discuter avec des inconnus et de rigoler avec eux. Une
ambiance très plaisante.
Le but premier de Solidays étant la mobilisation pour
la lutte contre le sida, pensez-vous que cela ait créé
un climat particulier ?
E : Non, pas vraiment. Pas au niveau des concerts, en
tout cas. Car il faut dire que le Village comprenait des stands
représentant tous les pays et permettait à chacun
de s'informer. Il n'a d'ailleurs pas désempli durant tout
le temps que je suis resté.
T : Les concerts étaient
ordinaires sur ce plan là, sans vrai sentiment de solidarité.
Par contre, je pense que le Village a rempli son office qui était
d'informer les gens et de confronter les idées. Les débats
organisés étaient inaccessibles tellement il y avait
de monde !
Pour finir, que retiendrez-vous de ce Solidays ?
E : Dans l'ensemble, de bons concerts et une ambiance
géniale. J'essaierai d'en voir plus l'année prochaine
!
T : Pour résumer, une bonne ambiance, une organisation
plus ou moins aboutie, beaucoup de monde et de bons concerts. Et
une mention spéciale pour la Nuit du zapping et la Nuit de
l'humour. J'y retournerai l'année prochaine avec plaisir.
Merci à tous les deux pour votre témoignage.
E : De rien.
T : Ce fut avec plaisir.
Site web : http://www.solidarite-sida.org/
Damien P.