David Sire : concert du 11 juillet
à
La Balle au Bond.
Nous vous en avons parlé la semaine dernière
: David Sire jouait en concert le 11 juillet à La Balle au
Bond : nous étions présents ce soir-là, et
nous en avons profité pour lui poser quelques questions,
alors qu’il sortait tout juste de scène…
Comment perçois-tu ton impact sur le public? As-tu
remarqué une évolution au fur et à mesure de
tes concerts ?
De manière très nette, sur les derniers
concerts qu’on a faits, il y a eu une chose qui fait très
chaud au cœur : une partie du public commence à reprendre
certaines chansons. Ce sont des gens qui nous suivent depuis quelques
temps, mais il y a aussi d’autres personnes, qui arrivent parfois
complètement par hasard : sur les chansons plus récentes,
qui sont peut-être plus accessibles, avec des paroles plus
simples et des refrains plus chantants auxquels les gens accrochent
directement, ils se sont mis à chanter…
Il commence à
y avoir un véritable échange avec le public ; en plus
de cela, j’apprends au fur et à mesure des concerts à
me lâcher un peu plus. J’ai commencé depuis le mois
de janvier à jouer dans des bars à Paris. Ce sont
des conditions difficiles : les gens ne viennent pas là pour
t’écouter mais pour boire un coup et discuter entre eux.
Quand à cette occasion tu arrives à créer un
silence et une véritable écoute, tu sais que tu as
fait quelque chose de bien…
C’est très formateur : aujourd’hui,
quand on arrive sur scène en formation complète -
comme ce soir en café-concert, ou alors dans des salles -
il y plus de possibilités d’aller "chercher" les
gens. Je crois que le public aime bien qu’on aille le chercher,
que l’on passe les barrières de la scène : certains
montent d’eux-mêmes avec nous…
Que te disent en général les gens après
un concert ?
D’abord, ils me trouvent très beau ! (Rires) Plus sérieusement,
ce qui est intéressant, c’est que le retour est varié,
et qu’il se base sur les deux aspects principaux sur lesquels on
travaille : le premier, qui m’appartient, qui est celui de l’écriture
des textes, et le second qui est la musique, l’accompagnement.
On a un retour très sensible et très enthousiaste
sur le contenu textuel que j’apporte, mais également un retour
très intéressant sur la musique : j’ai la chance de
travailler avec des musiciens qui sont de jeunes musiciens professionnels,
et qui ont vraiment des choses à dire. Dans notre manière
de travailler ensemble, il y a toujours un véritable souci
de tisser des liens entre le texte et la musique.
Il y a aussi
dans le regard des gens des choses qui ne sont pas mises en mots,
pas explicitées ; il y a une certaine émotion qui
est transmise pendant le concert, et qui transparaît ensuite
dans le regard des personnes qui ont été touchées,
mais ça n’est pas dit, cela fait partie de ces choses qui
se ressentent…
Tes perspectives d’avenir ? Sortir un album ?…
Aujourd’hui, je pense avoir une bonne appréhension de
l’avenir et des perspectives qui se profilent ; mais il y a toujours
quelques difficultés à faire la jonction avec le milieu
des professionnels de la musique - tourneurs-managers-producteurs-éditeurs-diffuseurs
etc. - , et il y a donc encore un petit temps de latence.
On
effectue tout un travail d’autoproduction aujourd’hui : c’est moi
qui m’occupe de toutes les démarches. Dans un premier temps,
il faudrait trouver un manager pour me décharger de tout
ça : mes épaules commencent à être un
peu faibles pour s’occuper de ce travail-là qui me prend
quasiment quatre-vingts pour cent de mon temps aujourd’hui, et que
j’ai envie de lâcher pour me consacrer à ce que j’ai
envie de faire, à savoir écrire, composer et chanter...
et travailler avec la joyeuse bande qui m’accompagne ! (Rires)
Actuellement, on a des contacts avec des maisons de productions,
des gens qui nous ont déjà entendus : je pense que
c’est une route assez longue…
Aujourd’hui, il y a une certaine
maturité, une certaine énergie au niveau du répertoire,
acquises au fil des concerts, qui nous permettent d’envisager l’enregistrement
d’un album. Cela dit, je n’ai pas vraiment envie de m’engager dans
un enregistrement si je ne suis pas certain de la distribution et
de la diffusion ; je pense qu’il vaut mieux être un peu patient
et avoir un maximum de maillons de la chaîne pour engager
un tel projet, plutôt que de se retrouver avec deux bandes
sur les bras sans pouvoir les diffuser.
Qu’est-ce que tu ressens avant une performance ?
Le moment qu’il y a juste avant le concert est toujours un peu…
Il est bon ! Je sais que quand on se retrouve tous les cinq, juste
avant de rentrer en scène, on aime bien ce moment. Il est
dur aussi, un peu douloureux, parce qu’il y a du trac : la question
qui à chaque fois nous vient au ventre c’est : « Est-ce
qu’on va réussir à donner tout ce qu’on doit, tout
ce qu’on a envie de donner ? Est-ce qu’on va réussir à
être aussi généreux qu’on a envie d’être
? ».
Voilà un peu l’état d’esprit dans
lequel je suis avant de jouer. C’est quelque chose qui devient de
plus en plus fort. Au début, j’avais peur de monter sur scène,
j’avais peur du public tout simplement : aujourd’hui je sais que
je peux jouer en public, et faire de belles choses sur scène.
Les gens qui viennent vous voir à
un concert ont fait la démarche de venir, donc il faut les
rendre heureux. Et il faut tout faire pour ça. Et on va essayer
! (Rires) Voilà !
(Extrait en Real Audio)
Extrait Real Audio : Drôle de Mic-Mac
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Éric P. / Jean-Marc F.