Chris Robinson : New Earth Mud (Red
Line / Wagram)
Attention talent ! Je mets le cd dans ma platine. Première
réaction : j’ai l’impression d’entendre Oasis, et, par analogie,
ce Chris Robinson a dû beaucoup écouter les Beatles.
Deuxième impression : le Chris en question a visiblement
un lourd passé artistique, comprenez beaucoup d’expérience.
Comme le nom de « Chris Robinson » ne me dit rien, je
consulte alors la bio. Ah ! « New Earth Mud » est le
premier album solo du chanteur des Black Crowes, et il a été
co-produit par Paul Stacey, l’arrangeur d’Oasis… En clair, que du
bon en perspective !
L’album a été enregistré en moins d’un mois
au cours de l’été 2002, à Paris avec l’aide
de Paul Stacey (guitare, clavier, basse), Jeremy Stacey (Batterie)
et Matt Jones (claviers). Chris Robinson assurant les parties guitare
acoustique et le chant. A l’exception de quelques collaborations
musicales, Chris a écrit seul toutes les chansons de l’album.
A ce propos, il déclare fièrement : « J’ai
une autre relation avec ces chansons. Je les ai écrites seul,
avec ma guitare acoustique, en peaufinant les mélodies, les
textes, les idées. Cet album est l’état des lieux
musical d’un artiste parvenu à maturité. Il est certainement
bien plus représentatif de ma vie actuelle que tout ce que
j’ai pu faire jusqu’ici. J’ai vraiment l’impression d’avoir attendu
toute ma vie l’occasion de faire cet album»
C’est de la vraie pop. Le sieur reconnaît les influences
des Byrds, mais visiblement, les fantômes de Lennon et d’Harrison
flottent dans le studio. Les morceaux s’enchaînent facilement,
on navigue entre ballad-pop, brit-pop et psychédélique.
« Safe in the arms of love », qui ouvre l’opus, confirme
que Chris n’a pas perdu sa fabuleuse voix. Le son est beaucoup plus
acoustique que les Black Crowes, mais ça n’est pas dénué
d’intérêt, bien au contraire ! La chanson a été
écrite le premier jour de l’enregistrement. « Je
me suis assis et la chanson est venue toute seule, avoue t’il.
Quand les chansons tombent du ciel comme ça, on ne se pose
pas de questions. On les prend et on les garde précieusement.
» C’est avec « Silver Car », une des chansons
phare de l’album, que l’on perçoit le but recherché
: changer de cap, et faire de la pop. « Kids that ain’t got
none » confirme cela. Pas de problèmes, on est pile
poil dans la pop. Je m’attendais à du rock un peu plus dur,
mais j’avoue que je préfère largement.
Ah ? On arrive aux chansons un peu moins bonnes : « Could
you really love me « et « Untancle my mind »…
Le décompte au début de cette chanson prouve que l’album
a été enregistré live. Bon ça part ou
j’arrête le cd ! Ah !
Ca repart. En écoutant « Fables », je perçois
les résonances de « Lucy in the Sky ». «
Sunday Sound » se rapproche plus du son typiquement américain,
comprenez en provenance du Texas ou de la Nouvelle-Orleans. Le timbre
vocal de Chris, sur cette chanson, me rappelle celui de Dr John.
C’est en écoutant « Katie Dear », en référence
à son mariage avec l’actrice Kate Hudson, que l’on comprend
l’objectif avoué de Chris : propulser l’émotion de
la voix et la richesse des textes au premier plan. Ce qui est assez
rare en pop. « Ride » nous propulse dans un univers
complètement différent : le vieux funk. On croirait
entendre Sly & the Family Stone. J’adooooore ! On s’approche
de la fin de l’album. « Better than the sun » est un
morceau de remplissage typique. Bof… Puis arrive la dernière
chanson « She’s on the way ». Whoua ! Ca y est, il a
avoué : il a écouté « Sergent Pepper
» en boucle avant de composer ça. C’est un peu dommage
que ça ne démarre jamais vraiment, mais en tout cas,
l’atmosphère psyché ravira les amateurs de Pink Floyd
(première génération : avec Sid et Roger),
Genesis (première génération : avec Peter)
et, bien sûr, des Beatles. L’utilisation des bruitages et
des guitares mixées à l’envers y contribue fortement.
En conclusion, le fan des feu Black Crowes risque d’être
surpris. Agréablement. Le fan de pop, lui, sera ravi.
Site officiel : www.newearthmud.com