Simply Red : Home (Az / Universal)
Après plus de trois ans de silence (à
l’exception d’un Best Of, It’s Only Love, sorti en 2001),
Mick Hucknall, la voix et le songwriter de
Simply Red, a quitté sa retraite parisienne
avec dans sa besace son nouvel opus : Home.
Après un Love and the Russian Winter (1999)
qui n’a pas rencontré le succès escompté lors
de sa sortie, et le non renouvellement de son contrat avec la Warner,
le groupe de Manchester joue gros avec Home.
À première vue (ou plutôt, à première
écoute), un bon album…mais inégal.
11 titres, dont un (le onzième, justement) est une reprise
de la première piste, « Home », qui donne son
nom à l’album. Après une première écoute
globale, puis une autre, malheureusement, aucun « déclic
» particulier, aucun « sursaut » qui fait se dire
« alors celle-là, elle est fabuleuse, je me la repasse
». Bon attention, c’est faire la fine bouche que dire cela,
mais c’est vrai qu’avec Simply Red, on est forcément difficile
tant on a eu droit au meilleur. En tout les cas, une impression
d’inégalité entre les titres, pas vraiment au niveau
créatif, mais au plan de l’interprétation. Retour
sur chacune des plages de l’album tant attendu…
01 - « Home »
Très jolie ballade que ce premier titre. Cela dit, on
n’y trouve pas l’émotion d’un « For Your Babies »
(sur l’album Stars) par exemple. Les arrangements sont très
bons, les touches de cordes seventies aussi, le son également
; juste, comment dire… un petit manque, un petit défaut de
« feeling », qui fait que cette ballade est simplement
très jolie, point. Voire un peu mièvre, ce que pourtant
Simply Red a toujours su éviter.
02 - « Fake »
LE titre rythm’n’blues de Home. Des arrangements de cuivres
toujours aussi efficaces, des chœurs bien présents. Par moment,
au vu de la puissance voulue du titre, la voix de Mick Hucknall
semble un peu en retrait, et c’est peut-être ce qui est à
l’origine de cette sensation de… manque de pêche, justement.
Est-ce vraiment un problème de mixage/mastering, ou plus
directement un manque d’implication vocale ? Difficile à
dire, mais il semble que, malgré un voix toujours aussi impressionnante,
Hucknall ne soit pas à 100% dans ce qu’il fait… Une petite
déception sur « Fake », car ç’aurait vraiment
pu être génial sans cette impression de demi-mesure.
03 - « Sunrise »
Un peu la même chose sur cette plage que sur la précédente
; le doute étant trop fort, il faut essayer de toucher les
réglages de la sono pour en avoir le cœur net… Eh bien, quelque
soit la répartition des fréquences, la présence
de Mick Hucknall semble toujours trop fade. Conclusion : le son
est trop compressé sur cet album, trop lisse, et,
en même temps, Hucknall ne paraît pas être à
ce qu’il fait. Il chante bien, mais il ne chante pas, pas
comme il sait vraiment le faire… Dommage, car ce titre a de petites
réminiscences tout à fait bienvenues des tous premiers
albums du groupe : une bonne pop-soul, mais malheureusement, encore
une fois, une sensation de demi-mesure.
04 - « You Make Me Feel Brand New »
« You Make Me Fell Brand New » est la confirmation
des remarques précédentes : le son est trop «
propre » sur cette album, et Mick Hucknall ne s’est pas donné
à 100% sur les trois premières chansons. Car sur celle-ci,
on retrouve (enfin !) LA voix de Simply Red ! Un gros « ouf
» de soulagement ! Clairement, Hucknall y met du sien, l’émotion
des couplets très doux de cette chanson est bien là,
et quand le refrain s’enflamme, on y croit. La voix manque par moment
un peu de justesse, mais peu importe, car c’est une voix bien vivante.
Les arrangements sont bien dosés, et surtout, Hucknall est
vraiment « dedans ». Un très bon titre, vraiment.
05 - « Home Loan Blues »
À croire que « You Make Me Fell Brand New »
marquait le « réveil » de Mick Hucknall sur cet
album ! Alors que « Home Loan Blues » se veut un Rythm’n’Blues/Pop
légèrement moins pêchu que « Fake »
(c’est en tout cas ce que l’on peut en déduire par rapport
à l’intensité et à la densité des arrangements
de cuivres), l’impression de puissance y est supérieure.
Toujours pour la même raison : on sent un Hucknall bien à
ce qu’il fait, et soutenu par des sonorités bien amenées.
06 - « Positively 4th Street »
« Drôle de titre »… L’intro, avec ses sonorités
de cordes synthétiques, fait un peu mièvre. L’ensemble
de la chanson se replie sur lui-même en une ritournelle un
peu décevante. Cela se veut optimiste, léger, «
primesautier », mais ça fait surtout un peu neu-neu
(désolé pour l’expression). Rien n’y fait, pas même
les cuivres qui arrivent en milieu de titre. Trop cyclique, et ces
maudites cordes synthétiques décrédibilisent
l’ensemble encore davantage.
07 - « Lost Weekend »
Une bonne pop-soul, d’inspiration très « Barry-Whitesque
», la voix grave du monstre sacré en moins. L’interprétation
est convaincante, et le son bien dosé. Là, l’optimisme
est crédible, contrairement au précédent morceau.
Un morceau très « down », bien que recelant une
puissance latente. Excellent comme musique d’ambiance (surtout pour
les gars qui veulent mettre toutes les chances de leur côté
avec une certaine demoiselle, effet garanti).
08 - « Money in My Pocket »
Une nouvelle incursion « techno » de la part de Simply
Red. Seulement, contrairement à « Fairground »
(sur l’album Life) par exemple. Bon, il est vrai que «
Fairground » louchait du côté de la Jungle, ce
qui n’est pas le cas de « Money in My Pocket », aux
sonorités vraiment très synthétiques, avec
comme un arrière-goût de « mauvaise imitation
années 80 mâtinée d’années 90 »…
On tourne trop en rond dans ce titre un peu fatiguant. Tellement,
que sans avoir véritablement commencé, il ne finit
pas vraiment (merci le fondu enchaîné). Pas impérissable.
09 - « Something For You »
Un blues-pop très convaincant, bienvenu et bien géré,
qui oscille même du côté du rock années
60 américain (pour ce qui est du refrain). Agréable
comme tout, malgré un petit manque global de chaleur. Encore
la faute au son trop propre… et peut être aussi à un
Mick Hucknall encore une fois un peu trop en retrait.
10 - « It’s You »
Dans la même veine que « Lost Weekend », mais
avec peut-être davantage d’émotion, tant dans l’interprétation
que dans la conception même du titre. Des sonorités
très années 70 pour une « groovy-ballade »
fort agréable, et là encore excellente comme musique
d’ambiance (même conseil pour les mêmes gars que tout
à l’heure).
11 - « Home » (reprise)
En fait de reprise, un court extrait (52 secondes), le refrain
de « Home », simplement accompagné au piano.
À vrai dire, on aurait préféré que le
« Home » de départ soit celui-là, car
il dégage bien plus d’émotion, malgré des effets
réduits au minimum. Bref mais concis, sans doute ce qu’il
manquait au « Home » original pour faire mouche, ce
que cette petite redite corrige fort heureusement en nous rassurant
sur la qualité artistique du morceau.
Après trois ans d’attente, on a tendance à trouver
le moyen très moyen, le mauvais très mauvais, mais
aussi le bon très bon. Reste que Home apparaît
comme un album inégal. Bon, mais inégal. On se dit
que Simply Red fait ce qu’il sait faire, très bien le plus
souvent, mais sans plus. Un album sans fleuron, sans « tube
» - peut-être que la plage méritant éventuellement
d’être considérée comme un tube en pusisance
serait « You Make Me Feel Brand New »,
mais avec quelques réserves toutefois.
Cela dit, la petite déception globlale passée,
Home est tout de même à posséder, car
il s’écoute avec plaisir. Et il contient les preuves que
Simply Red est toujours un grand groupe. En attendant avec impatience
le prochain, que l’on souhaite vraiment au top !
Site officiel : http://www.simplyred.com
Discographie
:
Home - 2003
It's Only Love - 2000
Love And The Russian Winter - 1999
Blue - 1998
Greatest Hits - 1996
Life - 1995
Stars - 1991
A New Flame - 1989
Men And Women - 19987
Picture Book - 1985