Peter Gabriel : Growing Up live (dvd)
(Real World / Warner)
Dix ans se sont écoulés depuis le dernier
concert en vidéo de Peter Gabriel, à
l’occasion de la tournée « Secret World
». Avec ce nouveau témoignage live, on se croirait
revenu aux premiers temps de Genesis, où
chaque chanson était un spectacle. A cette époque,
Peter pesait quelques kilos de moins et avait tellement peur du
public qu’il ne pouvait monter sur scène sans un masque,
ce qui empêchait l’audience de voir son visage. Autres temps,
autres mœurs ? Non, les shows dans lesquels est impliqué
Peter sont toujours aussi spectaculaires : « Secret
World Live » en avait époustouflé
plus d'un lors de sa sortie, en 1993, « Ovo
», en 2000, a permis aux incrédules de passer le cap
du changement de millénaire. En ce mois de Novembre 2003,
« Growing Up live » enfonce le
clou.
Showtime …
La principale différence entre « Growing Up
live » et les autres concerts, c’est que ce spectacle
se veut didactique dans tous les sens du terme. Les morceaux ne
sont pas enchaînés, comme dans la plupart des concerts.
Non. Entre les morceaux, Peter Gabriel arpente la scène,
flanqué de sa gabardine noire, tel un instituteur du début
du siècle dernier, présentant les chansons et les
musiciens. Vous vous rendez compte de la chance que vous avez !
Ce soir, Mister Gabriel vous instruit à grands coups de doctrines
écologiques.
En plus, dans ce dvd, Peter veut vous montrer l’envers du décor
: les cameramen immortalisant le show, enregistré à
Milan, en Italie, sont affublés d’immondes et voyantes salopettes
orange vif. On ne peut pas les manquer. Ca tombe bien, c’est le
but ! Entre les morceaux s’écoulent parfois de nombreuses
minutes, pendant lesquelles les techniciens « changent le
plateau », c’est-à-dire changent les décors,
bougent les musiciens de place (ils sont tous sur des petits podiums
roulants…). De plus, certains plans de caméra, bien placés,
nous montrent qu’il y a aussi de la vie en dessous, une sorte de
« secret world » dans lequel les techniciens changent
les cordes des guitares, préparent les décors du morceau
suivant, etc.
Alors, évidemment, pour que le spectacle soit rodé,
il fallait bien faire l’impasse sur quelques points. Et, paradoxalement,
c’est l’aspect musical qui en fait les frais. Ou plutôt, les
musiciens. En effet, les écrans d’ordinateurs jonchent la
scène, et on ne compte plus les programmations batteries
et claviers préenregistrées, mais déclenchées
en live. En clair, les musiciens n’ont pas toujours les mains sur
leurs instruments…
Les grands moments :
Le premier morceau, ou plutôt, le prélude. Pour
un ancien timide, Peter n’a pas choisi son entrée au hasard,
c’est le moins qu’on puisse dire ! C’est seul qu’il se présente
sur scène, et chante « Here comes the flood
», en s’accompagnant au clavier, avant que ses musiciens ne
le rejoignent pour faire réellement démarrer le show
avec « Darkness ».
La scène ronde, sur laquelle les musiciens jouent en rond,
en se regardant (on se croirait revenu au temps de l’émission
« Taratata »). Cette scène fonctionne en trois
dimensions : horizontalement, mais aussi verticalement.
Sa ravissante fille, Mélanie, qu’il a recruté comme
choriste.
Les choeurs à la fin de « Sky Blue »
(avec le sextet The Blind Boys of Alabama) et au début de
« Mercy Street ».
La chorégraphie à la fin de « Downside
up ».
Le « Barry Williams Show » façon U2…
La sphère géante de « Growing Up ».
Une pure merveille ! Dans le film présentant le spectacle,
inclus dans les bonus du dvd, nous apprenons que Peter devait initialement
se jeter dans la foule avec cette gigantesque boule. Le problème,
c’est qu’elle pèse presque 200 kilos et aurait écrasé
des gens.
Le vélo dans « Solsburry Hill ». Peter
fait attention, car il a toujours peur de tomber…
Le public chantant l’intro de « Sledgehammer »
avant que le morceau n’ait commencé.
Le veste « lumineuse » de « Sledgehammer
».
« Signal to Noise », avec son atmosphère
trip-hop et son final. Un grand moment.
Le dernier morceau, l’émouvant « Father to son
», qu’il interprète au piano, uniquement accompagné
de son vieux complice Tony Levin.
Et surtout, la voix de Peter, qui, comme le vin, semble se bonifier
avec l’âge.
Tout cela vous rend curieux ? Une seule solution : courez acheter
ce dvd exceptionnel !
Site officiel : www.petergabriel.com
Le saviez-vous ? Le micro « main »
utilisé par Peter Gabriel n'est pas branché. Seul
fonctionne son micro casque, captant la voix. Pourquoi cet artifice
? Car le fait de tenir quelque chose dans sa main (un micro ou un
tambourin) rassure Peter Gabriel qui éprouve encore, à
54 ans, quelques difficultés à affronter des salles
remplies de gens hurlant son nom. Dans le métier, on appelle
ça le trac ou le talent, au choix…