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PASSI : A DOUBLE SENS
« Passi en solo pour un nouvel album,
pour toutes les métropoles mais aussi pour les DOM TOM »
: mélodie d’intro du tout premier opus d’un membre émérite
du Secteur A (auquel, je vous rappelle, collabore tout le Ministère
Amer).
Aujourd’hui, Passi nous offre « Genèse
» : un titre choisi, référant aux racines, à
la naissance au monde, à sa propre création. On parle
souvent de la « genèse » d’un roman : la réalité
d’une fiction. Alors, me direz-vous, Passi n’écrit pas de
roman !! N’empêche qu’il pourrait très bien le faire.
Quoique plus dans l’esprit d’un scénariste, son style est
pur de sincérité et d’une drôle de poésie
tant elle est nouvelle. Une prose rythmée, rimée,
faite pour en raffoler !
Preuves d’écoute à l’appui. Premier
choc : « Emeutes », avec les insubmersibles Chœurs de
l’ex-Armée Rouge. Tout ce qui doit être dit en une
seule phrase : « C’est rien, c’est rien, ça va pas
bien loin ». La limite n’a pas de seuil (paradoxe ?), et l’homme
ne peut présumer de l’accélération du processus
vers l’infini. La plupart de nos écrans entassent les images
sans jamais les traiter. Les conséquences de cet acte, vous
les trouverez chaque jour dans nos rues hostiles. Passi se fait
visionnaire…
Les titres de l’album tournent essentiellement autour
du chanteur lui-même. Passi n’aura nul besoin de se faire
écrire une biographie : cet album en est une. Oui, un «
je » autobiographique qui raconte la rue, la famille, les
colères, les potes, les blessures…
Guerrier devant la mort qui nous poursuit à
chaque éclat humain, les mots chutent, explosent, résonnent
comme les percussions d’Afrique.
Mais, un regret cependant : la virulence du défunt
Ministère Amer n’est plus. Le social est devenu commerce.
Karine.F