Albert De Paname & Raghunat Manet - Indiamond
(Pschent / Wagram)
Il existe depuis quelques années un engouement
certain pour les musiques extra-occidentales. Mélanges heureux
ou plagiats grotesques, toujours est-il que cette tendance tend
à se confirmer, et particulièrement dans la musique
électro. Chroniqué il y a quelque temps déjà,
La compilation VIP Lounge s’inscrivait déjà
dans cette optique, et on doit avouer qu’elle ne s’en sortait pas
trop mal. Les ambiances sont bien présentes, mais peut-on
réellement parler de métissage ? Certainement pas.
C’est sur ce point que « Indiamond » se démarque
de toutes ces productions puisqu’il s’agit d’une collaboration entre
deux musiciens reconnus chacun dans leur domaine.
Albert de Paname n’est pas un petit jeune qui débute,
étant donné qu’il faisait déjà bouger
les corps des jeunes night-clubbers dans les années 60. On
a donc affaire à un personnage dont la réputation
n’est plus à faire. Raghunat Manet, quant à lui, est
tout simplement un des meilleurs danseurs indiens. Possédant
plusieurs cordes à son arc, il joue du sitar et peut également
se mettre aux tablas si l’occasion se présente.
La rencontre entre ces deux musiciens peut laisser augurer le
meilleur comme le pire, ce dernier étant des sonorités
vaguement indiennes sur les rythmiques house uniquement destinées
à faire danser les BCBG en quête d’aventure exotique,
voire mystique. Le meilleur pourrait correspondre à un réel
travail visant à produire une musique nouvelle et enrichissante.
Comme on a pouvait le craindre, le pire côtoie le meilleur.
Et cela commence assez mal : samples vocaux et instrumentaux sur
un ensemble de beats fades manquant sérieusement d’originalité.
La suite est malheureusement du même acabit. Car si Raghunat
livre des exemples de ses traditions sans tomber dans la caricature,
son acolyte n’évite pas le piège et tombe dans les
clichés branchouille à souhait…
Tout serait-il perdu pour Albert de Paname ? Ce serait sans compter
sur les ressources de ce musicien qui, quoi qu’on puisse penser,
semble sincère dans sa démarche. On respire donc quand
on entend quelque chose de différent, dans les rythmiques
comme dans les sonorités. Un premier effort est fait sur
«God ness » et sur « Curry Addict », mais
c’est véritablement sur « Jade », oasis de musicalité
sincère et pointue, que la sauce prend vraiment. La suite
poursuit cette aventure même si on peut regretter quelques
fautes de goût sur le dernier titre.
Pour résumer, cet album s’adresse plus à des fans
d’Albert de Paname qu’à des inconditionnels de musique indienne.
On restera sur sa faim si on attendait une production originale.
Plus que jamais, il n’y a rien de nouveau sous le soleil…
Site officiel : http://www.pschent.fr