NCB Records
le coin des
musiciens
Guitariste de formation, Christian BICK a navigué
au sein de divers groupes, et même d'un orchestre de variétés.
En 1997, il rachète un studio azuréen en dépôt
de bilan, le studio "IKS". Un très grave accident
de la route, en septembre 1998, le force à interrompre son
activité professionnelle. Après deux ans de convalescence,
il décide de reprendre ses activités début
janvier 2001.
Nous avons interviewé cet ingénieur
du son entre deux séances d'enregistrement. Assumant seul
la gestion du studio, nous avons découvert une personne chaleureuse;
à la fois très humble et très lucide, qui nous
explique sans détours les problèmes auxquels il est
confronté en tant que gérant d'un des plus grands
studios d'enregistrement de la Côte d'Azur.
Peux-tu nous dresser l'historique du studio en quelques mots
?
En 1997, je rachète un studio de St Laurent du
Var, "IKS Records", qui était en dépôt
de bilan. Je le rebaptise "NCB Records", et ouvre
le nouveau studio en Septembre 1997.
A ma grande surprise,
je me suis retrouvé sans aucuns clients. Tous les clients
réguliers du studio avaient fuis "IKS", ce qui
fait que je n'avais plus d'activités, ni en répétitions,
ni en enregistrement. Il m'a fallu plus de quatre mois, avec l'aide,
entre autres, du magazine "Nouvelle Vague" et du magasin
"Deal Musique" pour rétablir le contact avec les
musiciens locaux. Cela a été très dur et très
long, car très longtemps les gens ont cru que c'était
toujours le studio "IKS", mais que ce dernier avait
simplement changé de nom.
Fin 1997, je rencontre Michel Mazza qui était en train
d'organiser un festival. Le feeling est bien passé entre
nous, et comme je disposais encore de l'ancien matériel d'IKS,
j'ai fourni le matériel de scène (NDR : ce que l'on
appelle le "backline" dans la profession, c'est-à-dire
la batterie, les amplis, etc.) pour le festival "Guitar Attitudes"
(St Laurent-du-Var, Décembre 1997), qui accueillait, entre
autres, Patrick Rondat, Pascal Mulot, Jean-Marc Jaffet et Ray Gomez.
J'ai aussi fourni le backline à l'occasion du "4ème
Festival de Blues" (St Laurent-du-Var). Par l'intermédiaire
de ce festival, j'ai commencé à être en relation
avec des musiciens professionnels (NDR : Ce festival accueillait
Jean-Jacques Milteau, Ike Turner, Bill Deraime et Lucky Peterson).
Ils se sont déplacés au studio, ont pu apprécié
la qualité des enregistrements effectués, et étaient
(et sont toujours) d'accords pour réserver le studio en vue
d'un enregistrement futur.
L'année 97-98 a été marquée par l'aspect
"relationnel". J'ai fait diverses rencontres dont Alain
Courieux (NDR : qui est un des meilleurs ingénieurs du son
français) qui m'a donné de très bons conseils.
Il a vu les erreurs que je commettais au démarrage de mon
activité, et a réussi à me recentrer. Lorsque
j'ai des enregistrements délicats à effectuer, il
est disponible pour m'aider et répondre à mes questions.
Le mois de Janvier 1998 marque officiellement le démarrage
des activités de "NCB Records".Les musiciens qui
avaient l'habitude de fréquenter le studio "IKS"
se sont aperçus que j'étais peut-être plus compétent,
plus discret; et très souvent ouvert pour rendre service
au niveau de la musique. En réalité, je veux faire
du studio "NCB Records", un lieu de rencontre pour les
musiciens, qu'ils soient professionnels ou pas, en dehors du cadre
d'une répétition ou d'un enregistrement. Je désire
qu'ils puissent échanger leurs idées, leurs musiques…
Libres à eux de répéter ou d'enregistrer dans
le studio…
Quelles sont les activités de NCB Records ?
Après l'épisode "IKS", j'ai passé
une très longue période sans pouvoir enregistrer;
jusqu'à ce que j'aie eu l'opportunité de faire rentrer
du matériel. Actuellement, à l'exception de l'enregistrement
de chanteurs venant avec leur bande play-back, ou de l'enregistrement
de petits groupes, je me suis plus ancré sur l'enregistrement
"live". Ce qui m'a permis de me familiariser avec le nouveau
matériel.
Je commence à reprendre des enregistrements
normaux en 48 pistes Pro Tools, qui devrait bientôt débarquer
dans le studio… A l'heure actuelle, c'est une situation "bancale"
car le studio est sur le point d'être racheté par un
groupement financier (voir plus loin).
Je propose aussi la possibilité
de répéter. Jusqu'à mon accident, la fréquentation
des groupes en répétition augmentait au fil des mois.
J'avais réussi à redonner confiance aux musiciens
par rapport à ce qu'il s'était passé avec le
studio "IKS". Depuis quelques temps, je dois faire face
à une vague de contestations concernant des tarifs qu'ils
jugent excessifs. Personnellement, je juge ces tarifs normaux du
fait que je me suis battu depuis le début pour amener la
qualité aux gens qui viennent répéter. J'en
ai assez souffert en tant que musicien. J'allais dans des salles
de répétitions où la moitié de la batterie
était explosée, les amplis ne marchaient pas…
Mes tarifs sont plus chers que la moyenne des salles de répétitions.
Mais je préfère amener la qualité. Je vais
prendre l'exemple d'un orchestre de variétés de 14
musiciens qui vient régulièrement répéter.
Ils sont enfin contents d'avoir trouvé la structure qui correspondait
à leurs besoins. Ils ont cherché très longtemps
avant de trouver cette qualité, et je n'ai pas de problème
de tarifs avec eux.
Ce que je reproche aux salles de répétitions
de la Côte, c'est qu'ils ont l'œil sur la montre, il n'y a
aucun soutien de la part de la personne qui met la salle à
disposition, etc. A la différence des autres, je ne facture
pas le temps pris pour faire une balance. Dès qu'il y a une
difficulté technique, une personne est présente dans
la salle. C'est réellement du service, et non pas de l'abattage.
J'estime que cela se monnaye, et je tiens à mettre l'accent
sur la qualité et le contact humain…
A
l'heure actuelle, proposes-tu des services de mastering, de gravure
et de production comme beaucoup de studios sur la Côte ?
Je ne veux pas tout mélanger. Ici, j'enregistre et je rends
un master propre. J'ai la possibilité de diriger les clients
sur Alain Courieux, qui assure le mastering.
Au niveau de la
duplication, je travaille avec une société de Monaco,
qui s'appelle "Digital Illusion" qui est des plus gros
fournisseurs de cds neufs en Europe, avec des tarifs corrects pour
une qualité exceptionnelle. Cette société n'a,
en effet, pas de retours de cds. Ils s'occupent de tout : master
glass, livret, pochette… Quant à moi, je peux toujours dupliquer
cinq cds, mais ce n'est pas mon rôle.
La possibilité
de production s'effectuera dans le futur. Si un artiste intéresse
le studio de par sa qualité, le studio sera prêt à
mettre en œuvre la panoplie qui va manquer à l'artiste pour
aller démarcher sur Paris ou à l'étranger.
Choisis-tu l'artiste que tu vas enregistrer ou acceptes-tu
tout le monde, et tous les styles ?
Ma formation musicale
est un mélange de jazz, de hard rock et de blues. A la base
je suis guitariste, et je développe de plus en plus mon côté
d'arrangeur qui commence à plaire.
Au tout début
du studio, j'avais écarté deux styles de musique :
le hip-hop et la techno. Concernant le hip-hop, je suis en train
de faire machine arrière, car j'ai eu l'opportunité
de rencontrer un groupe de jeunes de Cagnes-sur-mer, "Explicit
06". Ils font du très bon travail, les textes sont corrects.
Ils m'ont incité à revenir sur ce que j'avais pré-établi
sans connaître ce style de musique.
Par contre il est
clair que la musique électronique est le seul style que je
ne pense pas faire rentrer un jour dans le studio.
Est-ce réellement une question de goût personnel,
ou de matériel spécifique à utiliser pour ce
genre de musique ?
Avec ce style de musique, il faut s'adapter
à une panoplie de matériel relativement important…J'ai
pas mal d'expandeurs, d'autres doivent rentrer, mais…Oui peut-être
faire de la masterisation plus tard, je ne sais pas. C'est vrai
qu'à priori, c'est strictement personnel.
Mets-tu du matériel à la disposition du public
qui vient enregistrer ou répéter ?
Comme
je fais beaucoup d'enregistrement live, généralement
les trois quarts des pianistes joue sur leur matériel. Et
honnêtement, je préfère qu'ils jouent sur leur
matériel, parce qu'ils connaissent leurs sons. Cela fait
un gain de temps non négligeable pour le groupe qui enregistre.
Plus ils passent de temps sur une séance d'enregistrement,
et plus ça va leur coûter cher. En ce qui concerne
les autres instruments, je mets une batterie et des amplis guitare
et basse, à la disposition des groupes.
Maintenant il
est vrai que le studio a une autre activité : la création
de bande play-backs et de séquences. Dans ce cas-là,
les expandeurs servent.

Christian Bick à la guitare accompagné
de Prescillia Assohou
Est-ce des gens connus sont venus enregistrer chez toi ?
Au mois de Juin
1998, j'ai eu une proposition d'enregistrement du premier chanteur
des "Gipsy Kings". J'ai passé l'été
à les enregistrer.
Antonio Reyes, le leader du groupe
"Los Reyes" m'a fait une proposition d'enregistrement
de trois albums pour le marché asiatique, mais uniquement
lorsque le nouveau matériel sera arrivé.
Sinon,
je suis toujours en relation avec mon ancienne clientèle
et mes anciens contacts, comme Patrick Rondat. Je l'ai contacté
au début de l'été pour faire d'éventuelles
prises.
En fait,
"NCB Records" n'a pas fait d'enregistrements "concrets".
On peut écouter des bandes au studio, mais ce n'est pas un
produit fini, commercialisé.
Changes-tu souvent de matériel pour le studio ?
Actuellement, j'ai
une base, et tout le matériel autour se mettra en place en
fonction de la demande. S'il me faut, par exemple, des réverbes
spécifiques pour tel ou tel projet, je ferais appel à
des fournisseurs en location comme "Arpège"(à
St Jeannet), "Nocturnes" (à Carros) ou "SB
Musique" (à Nice). Je sais que ce matériel-là
est disponible en location, donc je dis que je l'ai. Je ne l'ai
pas à demeure dans le studio, car cela ferait un coût
supplémentaire relativement important. Mais je suis en relation
avec trois gros loueurs, donc si vraiment j'ai besoin de matériel
très spécifique, je le loue.
Quelle est la dernière acquisition du studio ?
C'est la console
de mixage Yamaha 02R (version 2, full options). C'est une très
bonne console qui, indirectement, est en train de me préparer,
et ce grâce à sa gestion informatisée, aux futures
consoles SSL Axiom MT et 9078.
Quelle est, pour toi, la meilleure invention de ces dix dernières
années (dans le milieu de la musique évidemment) ?
Le transport des
informations, et la gestion informatique grâce à la
norme SMPTE (NDR : abréviation de Society of Motion Picture
and Television Engineers. Le code temporel SMPTE est utilisé
pour la synchronisation entre divers équipements audio-visuels
: magnétoscope, enregistreurs direct-to-disk, ordinateurs,
etc.). En ce moment, le monde de l'informatique évolue, donc
forcément, la musique évolue aussi. Le numérique
c'est bien, mais il faut deux fois plus de matériel pour
le rendre écoutable. La grande tendance est de revenir à
des sons plus "purs", au niveau des amplis, des écoutes,
des enregistrements… On revient à la chaleur de l'analogique
tout en travaillant en numérique.
Pour parler justement de l'aspect numérique de la musique,
que penses-tu de la station Pro-Tools ?
Pro-Tools (NDR :
logiciel audio-numérique par excellence, de la société
Digidesign) est un excellent matériel que je ne connais pas
encore bien, mais sur lequel j'ai déjà travaillé.
Il demande une mise en œuvre importante; c'est pour cela que dans
le futur, il me servira certainement beaucoup plus pour la masterisation
(avec la 02R) que pour l'enregistrement pur.
Quelle est la place de l'informatique et du sampling dans
les studios d'enregistrement ?
Pour moi, je le clame haut et fort, il faut que ça ne reste
qu'un outil. C'est-à-dire une aide, pour gagner du temps;
mais il ne faut pas qu'on en devienne esclave.
Je
suis moi-même compositeur, et je me sers de l'informatique
pour concrétiser mes idées d'arrangement. En fait
je m'en sers comme un enregistreur multipistes.
Il
est vrai que l'informatique permet de corriger beaucoup d'imperfections,
et j'avoue l'avoir utilisé une seule fois, avec Pro-Tools.
J'ai enregistré un batteur qui a fait une vingtaine de prises
pour la même partie. Lors de la dernière prise, il
a décalé un coup de caisse claire. Je l'ai entendu,
alors que lui non. Je n'ai rien dit, et j'ai recalé "informatiquement"
le coup de caisse claire.
Mais en ce qui concerne les voix,
mais je me battrais jusqu'au bout pour ne pas utiliser l'informatique
pour améliorer quelque chose de mauvais : je ne ferais pas
chanter juste une chanteuse qui chante faux, par exemple. C'est
peut-être pour cela que je n'ai pas gagné beaucoup
d'argent, mais je ne veux pas enregistrer n'importe quoi. Ma devise
a toujours été la qualité.
Que penses-tu des home-studios ?
A mes yeux, il y
a deux types de home-studios. Le premier englobe les artistes professionnels.
Pour gagner du temps, ils commencent à travailler sur les
titres de leurs futurs albums chez eux. Ils posent les bases de
ce qu'ils doivent enregistrer en studio. Mais ils savent très
bien que de façon incontournable, ils seront obligés
de repasser en studio; pour enregistrer les parties vocales, pour
faire le mixage, le mastering… et surtout pour travailler avec un
ingénieur du son.
Je suis beaucoup moins d'accord en
ce qui concerne le deuxième type de home-studios, c'est mon
combat depuis très longtemps. Il s'agit de la concurrence
déloyale qui est en train de se mettre en place. Au niveau
régional, maintenant les home-studios poussent comme des
champignons et se prétendent studios d'enregistrement. Les
trois quarts de ces home-studios sont des associations qui cassent
les prix. De plus, ils dirigent le futur artiste vers une approche
qui va lui nuire pour sa future carrière. La politique des
majors a beaucoup changé, elles n'écoutent que les
maquettes très propres, et très proches d'un produit
fini. Or 90% des maquettes sortant d'un home-studio partent à
la poubelle.
Dans la région, on à affaire à
des home-studios sauvages. Ca marche deux mois parce qu'ils fracassent
les prix, mais comme la qualité n'est pas au rendez-vous,
les gens ne sont pas contents, et ces studios disparaissent. Ces
home-studios ont investi dans du matériel car ils pensaient
faire fortune, mais ils contraints d'arrêter leurs activités
assez rapidement.
Peut-on parler de concurrence. La clientèle habituelle
d'un studio d'enregistrement professionnel se tourne t'elle vers
les home-studios ?
Oui, et mille fois oui. Etant donné
que nous avons des charges conséquentes, il est évident
que nous ne pouvons pas nous aligner sur les tarifs proposés
actuellement par les home-studios. Sinon on met la clef sous la
porte six mois après.
Penses-tu que dans la région, il y a des jeunes talents
qui ne sont pas encore reconnus à leur juste valeur ?
Je dis oui, car
j'ai eu l'expérience en décembre dernier d'une personne
qui est venue démarcher pour monter un spectacle qui a tourné
au fiasco total. A la base, ce devait être un spectacle caritatif,
dont les fonds auraient été reversés à
l'association SOL EN SI. En fait, je me suis aperçu que l'organisatrice
n'aurait reversé qu'une infime partie des bénéfices
à la lutte contre le sida, et aurais gardé la majorité
des fonds pour sa propre association…
J'ai repris l'organisation,
par correction pour les artistes qui s'étaient investis pendant
des mois. J'ai mis à disposition le studio pour les jeunes
talents, avec un professeur de chant. En une semaine, grâce
à des relations, on a réussi à trouver une
salle, et on a fait cette soirée. L'intégralité
des fonds, un peu plus de 9000 francs, a été reversée
à l'hôpital Lenval de Nice, qui s'occupe des enfants
malades et handicapés.
Suite à cette soirée,
j'ai incité tous les artistes à revenir au studio,
où ils peuvent bénéficier de soutien, de conseils,
de cours de chant. Il y a plusieurs artistes qui mériteraient
de faire carrière : le groupe de hip-hop "Explicit 06",
le chanteur Thierry Nelson (NDR : qui a été seconde
doublure de Bruno Pelletier dans la comédie musicale "Notre
Dame de Paris") et la chanteuse Prescillia Assohou (NDR : qui
a participé à l'émission "Graines de Stars"
sur M6). Pour eux et tous les autres, j'emploie mes talents de compositeur
et d'arrangeur en vue de leurs ouvrir d'autres horizons. Dans le
cas présent, ils chantent des compositions originales, et
non plus simplement des reprises de type karaoké.
Tes projets ?
J'ai un projet basé sur trois points
essentiels : l'enregistrement, la production et l'édition
(avec, pour les groupes régionaux ou professionnels, la possibilité
de contacts avec des majors).
A la fin de l'année 2000,
j'ai eu le projet de création d'un studio doté d'une
console Solid State Logic (SSL). J'ai été contacté
par un groupement financier qui avait eu vent du projet. Ce groupement
a décidé de financer ce projet. Je me retrouve donc
dans une place de directeur technique, assumant la continuité
du relationnel de "NCB Records". C'est en cours de négociation,
le projet est énorme. Il est prévu de mettre en place
sur la Côte d'Azur, une salle spécialement pour les
orchestres symphoniques, pouvant recevoir une chorale plus 120 musiciens,
dotée d'une console SSL Axiom MT; ainsi qu'une deuxième
salle d'enregistrement dotée d'une console SSL 9078, avec
tout ce qui va autour. Le tout aidé par Alain Courieux, Christian
Malkurt (NDR : ingénieur acousticien qui a travaillé
sur l'acoustique des tous les zéniths français, ainsi
que sur celle de la salle Nikaïa à Nice) qui étudie
l'acoustique du futur studio; ainsi que la société
SSL, qui m'a fait la proposition de monter une école pour
initier les futurs ingénieurs du son aux consoles de la marque.
Ce projet énorme se veut international. Il tend à
rassembler un magasin de musique, une librairie musicale, des salles
de répétitions, et évidemment des studios d'enregistrement
destinés aux professionnels venants des quatre coins de la
planète. Je ne suis pas en mesure de pouvoir en dire plus
pour l'instant…
J'ai un autre projet qui me tient à cœur tout particulièrement.
Lorsque la nouvelle structure sera mise en place, je mettrais l'ancien
studio à disposition, au moins une fois par semaine, pour
faire communiquer les handicapés mentaux grâce à
la musique. Ils n'ont pas la faculté de s'exprimer par des
mots, à cause de leur handicap, mais les médecins
se sont aperçus qu'à travers la musique, ces enfants
avaient beaucoup plus de facilités à communiquer avec
le monde qui les entoure. Je n'ai pas encore entrepris les démarches,
mais je vais m'y employer…
Je pense avoir résumé la vie passée, la
vie actuelle et surtout la vie future du studio "NCB Records".
Celle-là risque de bousculer pas mal de choses sur la région…
Question subsidiaire : Pour un professionnel de la musique,
que penses-tu de l'ouverture d'une salle de grande capacité
comme la salle NIKAÏA ?
Quand
j'ai appris le projet, j'étais l'homme le plus heureux du
monde. Le laxisme de la mairie de Nice concernant les milieux musicaux
durant ces trente dernières années a été
vraiment abominable. Ca avait commencé à bouger à
l'époque de Jacques Médecin, mais depuis, ça
a été le stand-by le plus total. On s'est retrouvé
avec un Théâtre de Verdure (NDR : salle de moyenne
capacité construite sous chapiteau, sur la Promenade des
Anglais, à Nice) que l'on a démonté l'année
dernière pour sa vétusté. La mairie de Nice
s'est retrouvée devant le problème d'une salle pouvant
accueillir les artistes internationaux. Les grandes tournées
internationale et même françaises vont directement
sur Marseille (Le Dôme) ou Toulon (Le Zénith). Les
Alpes-Maritimes sont complètement laissées pour compte.
On ne peut pas faire changer trente ans de mentalité de tourneurs
(NDR : Celui qui organise les tournées des artistes) pour
ramener Nice à un niveau hautement professionnel, et de qualité,
tel que Nice l'attendait, en pensant qu'en claquant des doigts,
on allait voir débarquer les vedettes…
La
salle Nikaïa est un très bon projet, maintenant, il
faut voir les gens qui vont être à la tête de
cette entreprise; savoir comment ils vont la gérer, comment
ils vont réussir à faire revenir les artistes.
Concernant le studio, cette salle est un atout primordial. Sur un
périmètre de cinq kilomètres, on arrive à
regrouper un aéroport international, une salle de grande
capacité, et un grand studio d'enregistrement doté
de salles de répétitions. Ca peut être un pôle
d'attraction pour les artistes internationaux ou nationaux.
Interview réalisée le 25 septembre
2001. Tous droits réservés à AMB France MUSIC.
Contact studio :
NCB Records
2, Allée des imprimeurs.
Zone Industrielle
06700 St Laurent-du-Var.
Tel : 04.93.31.72.72
Port : 06.16.22.77.61
Patrice B.