Natasha St Pier : L’instant d’après
(Columbia / Sony Music)
Mine de rien, c’est déjà le cinquième
album de Natasha St Pier et on la considère
déjà comme une valeur sûre de la chanson francophone.
A 22 ans elle a déjà su s’entourer de compositeurs
et de paroliers de talents.
C’est en février 1981 que Natasha St Pier
voyait le jour à Bathurst au Canada. Elle monte sur scène
lors d’un spectacle amateur à l’âge de 8 ans. Puis
ce sont les festivals musicaux régionaux qui vont l’accueillir
jusqu’en 1992. A cette date, c’est sa première apparition
dans une émission de télévision qui va lui
donner un élan important dans le milieu artistique. Mais
c’est lors du concours Le pouvoir de la chanson que le public
commence véritablement à la remarquer. En 1995, sa
première chanson Le parcours du cœur résonne
sur toutes les radios au Canada. Un an plus tard, la logique lui
fait sortir son premier album : Emergence.
En 1999, deux hommes vont lui permettre de continuer sur sa lancée
et de sortir des frontières du Canada. Guy Cloutier
devient son producteur et c’est Luc Plamondon qui va lui
permettre de faire ses premiers pas en France. Il lui propose en
effet de revêtir le costume de Fleur-de-Lys pour quelques
représentations du spectacle Notre Dame de Paris en
France. Puis elle gardera ce rôle dans le spectacle mais cette
fois dans la version anglaise à Londres.
C’est un nouveau coup d’accélérateur pour sa carrière
personnelle puisque son deuxième album, A chacun son histoire,
sort début 2000 au Québec et quelques mois plus tard
en France. Luc Plamondon continue sa collaboration puisqu’il
signe les paroles de plusieurs titres sur cet album tout comme Daniel
Lavoie. C’est avec un autre artiste issu de Notre Dame de
Paris qu’elle fait ses premiers pas sur scène en France.
En effet elle assure la première partie de Garou en
tournée dans toute la France et à l’Olympia.
En 2001, elle représente la France au concours Eurovision
de la chanson avec le titre Je n’ai que mon âme composé
par Robert Goldman. Ce séjour au Danemark lui
permet de décrocher la quatrième place. Un nouvel
album qui porte le même titre sort alors avec quelques inédits
mais c’est avant tout un album qui va permettre aux retardataires
de découvrir le début de la carrière de Natasha
St Pier encore peu connue du public en France.
C’est en 2002 qu’un album tout nouveau arrive dans les bacs :
De l’amour le mieux. Elle collabore cette fois avec les fameux
Pascal Obispo et Lionel Florence. Plusieurs titres
issus de cet album sont devenus de véritables tubes : Tu
trouveras, Nos rendez-vous,… On peut aussi noter sur
cet album un duo avec Florent Pagny avec le titre Là
bas de Jean Jacques Goldman (qui faisait partie de l’album
composé uniquement de duos de Florent Pagny). Après
un succès incontestable en France et au Québec, l’album
est lancé fin 2003 en Russie, en Pologne et au Japon…
Et c’est au même moment que la francophonie découvre
le tout nouvel album de Natasha St Pier : L’instant d’après.
Elle est encore entourée de la même équipe Obispo-Florence
pour ces 13 nouveaux titres originaux. Inutile de dire qu’on retrouve
bien sûr la « patte musicale » de Pascal Obispo
tout au long de l’album, ce qui semble logique. Mais il fait, d’après
moi, beaucoup trop d’apparitions dans les titres de l’album. On
finirait presque par se demander de qui est vraiment cet album.
C’est un des rares reproches que je ferais à cet album.
Les textes de Lionel Florence explorent toutes les émotions
que peuvent susciter les histoires amoureuses. Des jours les plus
heureux aux plus complexes ou malheureux.
Mais c’est l’interprétation de Natasha St Pier
qui fait que tous ces titres deviennent pour certains de vrais moments
de bonheur. Il est vrai que certains titres ne sont pas à
écouter en boucle mais l’ensemble reste plutôt bon.
Plusieurs titres restent selon moi de très bons moments
comme Je te souhaite ou le premier extrait Tant que c’est
toi. Avec des mélodies qui évoluent au cours des
morceaux, ce qui semble devenir une marque de fabrique, on ne sombre
pas dans la rengaine au milieu du titre. On trouve même une
reprise d’un des titres de … Pascal Obispo (quelle surprise…
!) à la toute fin de l’album : Lucie. On redécouvre
le titre sous un autre éclairage plutôt agréable.
C’est un album qui reste donc fidèle à l’esprit
instauré depuis le dernier album. Pourquoi changer une équipe
qui gagne ? Le résultat laisse sur certains titres parfois
à désirer mais l’album est dans l’ensemble bon. Bref,
une pièce pas vraiment indispensable à votre discothèque
mais qui est à écouter. L’accueil du public à
l’album et à son premier extrait promet un bel avenir à
la jeune chanteuse venue du Canada.
De nouveaux concerts sont prévus dont plusieurs dates
à l’Olympia en février 2004.
Natasha St Pier réussit avec cet album
à confirmer le sentiment que je ressens depuis quelques temps.
Elle est classée dans le registre des chanteuses «
à voix » comme Céline Dion, Isabelle
Boulay ou Lara Fabian, mais il y
a surtout ce petit quelque chose qui fait qu’elle sort du lot et
qui fait certains de ses morceaux très appréciables
(contrairement à certains autres de la même catégorie).
C’est donc un album qui respecte tout à fait l’esprit du
précèdent qu’elle nous offre aujourd’hui.
Site officiel : http://www.natasha-stpier.com