Mozayika.
C’est dans un café parisien que nous
avons rencontré Kayowa Mukundi-Bipungu ; épouse et
mère de famille, documentaliste à l’Institut de Psychologie
de l’Université de Lausanne, celle qui a pris le nom de Mozayika
a décidé de sauter le pas il y a un peu plus d’un
an, et de vivre pleinement sa passion, la musique…
Quand avez-vous cédé à votre passion
pour la musique ?
Eh bien… enfant, j'ai toujours chanté. Déjà
à la maison, avec ma sœur cadette (deux ans de moins que
moi) qui faisait merveilleusement le soprano et moi le ténor...
enfin, plus ou moins (rires). Outre les chants traditionnels de
la région, il s'agissait essentiellement de chansons qui
passaient sur les ondes, à la radio congolaise (Congo-Zaïre),
de la musique congolaise dite "moderne". Les gens, les
amis et connaissances de notre famille étaient d'ailleurs
très étonnés de nous entendre chanter en «
lingala », elle et moi, dans le bled où habitaient
nos parents (région du Kasaï Occidental, dans le Sud-Ouest
du pays), à une époque où pas grand monde ne
parlait ni ne comprenait cette langue. C'est d'ailleurs comme ça,
en plus de fréquenter mes copines d'enfance - des filles
de militaires surtout - que j'ai appris le lingala dans cette bourgade
mi-ville mi-village où j'ai grandi. Puis, au Lycée
Disanka - une école avec internat, dirigée par des
nonnes belges, institution que j'ai fréquentée dès
l'âge de 10-11 ans jusqu'à l'adolescence pour ma formation
secondaire -, nous chantions des cantiques, mais aussi des chants
populaires, des rondes et comptines du fonds européen. J'y
ai appris aussi un peu de solfège… il ne m'en reste pratiquement
rien aujourd’hui, faute de pratique. Et bien entendu, à la
messe, tous les jours de la semaine et les dimanches. Après
mon mariage, je n'ai pas cessé de chanter, que ce soit dans
ma salle de bains ou en faisant mon ménage, ma cuisine...
en prodiguant les soins à mes enfants, en les allaitant ou
en les berçant...
Pour ce qui nous occupe, j’ai commencé… je
dirais en 95-96 à écrire des textes en vue de les
mettre en musique. L’idée au départ était en
fait de proposer des textes qui aient un sens, parce que bon : j’adore
la musique congolaise - toutes les musiques en général
- mais la musique congolaise en particulier, tout bêtement
parce qu’elle m’est la plus proche. J’ai baigné dedans depuis
mon enfance… Il ne faut pas oublier qu'en Afrique... enfin... au
Congo plus précisément, la musique berce les individus
du berceau à la tombe. Il n'y a pas d'événement
significatif de la vie, petit ou grand, qui ne se déroule
en musique et en danse : retrouvailles en famille ou entre amis,
naissance, mariage, cultes religieux - à l'église,
par exemple, tout le monde chante, pas seulement la chorale - ,
funérailles… Eh oui, il existe des chants et des danses
funèbres...
Mais petit à petit, je me suis quand même rendu
compte que la musique congolaise était devenue lamentablement
monotone que les textes n’avaient plus beaucoup de sens… Bon, elle
me plaît toujours autant, pour les soirées, pour danser,
elle balance bien ; c’est une musique entraînante, bien rythmée,
mais le contenu, le fond laissent souvent à désirer.
J'ai l'impression qu'elle fait du surplace depuis quelques années,
qu’elle ne s'ouvre pas assez... c’est en tout cas l’évolution
que j’ai constatée au cours de ces dernières décennies.
Alors comme mon mari - qui aime aussi la musique
- a voulu faire à un moment donné un peu de production,
d’édition musicales, je me suis dit : « Tiens,
je vais peut-être lui proposer des textes qui aient un peu
de sens »… à lui, à ses musiciens - qui sont
des musiciens de talent - puisqu'au départ, bien entendu,
je n'imaginais pas pouvoir occuper le devant de la scène,
en raison de certaines pesanteurs culturelles... L’idée
est venue comme ça. Puis, petit à petit je me suis
dit : « Mais enfin, j’ai toujours aimé chanter, j’ai
toujours aimé la musique : pourquoi je n’en ferais pas, quitte
à travailler un peu ma voix ? Les préjugés,
finalement, je m'en balance ! (Rires) Ce qui importe, c'est ce que
j'ai envie de faire... et ma conscience, non ce que les gens s'imaginent...
». Voilà, c’est comme ça que l’idée est
arrivée…
J’ai donc commencé à écrire
des textes en 95-96, et à ébaucher des petites mélodies
dessus ; et ce n’est que tout récemment - vers la fin de
l’année passée - que j’ai commencé les démarches
pour contacter des musiciens susceptibles de m’accompagner dans
"cette folle aventure" !(Rires)… Et là je viens
de sortir un CD de démo, un quatre titres… originaux, avec
autant de versions instrumentales. En fait, on en a fait plusieurs
: des versions chantées et instrumentales, correspondant
aux différents mixages pour chaque morceau. Pour cette démo,
il a donc fallu arrêter mon choix sur quelques-unes, mais
elles sont toutes archivées sur DAT...
À quel type de formation pensiez-vous lorsque vous
avez contacté les musiciens ?
Eh bien… c’est
vrai qu’idéalement, j’aurais préféré
réunir autour de moi des personnes qui acceptent de faire
des expérimentations ; je voulais constituer autour de moi
un groupe de musiciens avec lequel je puisse travailler, répéter
longuement, essayer des tas de choses différentes... Mais,
comme évidemment au départ je n’avais pas de quoi
verser des salaires aux musiciens, il aurait fallu que je trouve
des gens vraiment intéressés par cette expérience
: mais une mère de famille comme moi, qui se lance dans la
musique... Même les proches, les miens, les gens autour de
moi ont essayé de m'en dissuader au début ! Quand
ils se sont rendu compte que c'était vraiment ce que je voulais,
ils ont compris et l'ont accepté, ils ont respecté
mon choix... enfin, ceux qui m'aiment vraiment (Rires). Surtout,
j'ai pu compter aussi sur le soutien d'un petit groupe d'inconditionnels
aficionados (qui ont d'ores et déjà formé ce
que j'appelle un "mini-fan club informel") : mes enfants
! Ils connaissent toutes mes chansons par cœur ! Surtout les plus
petits, qui savent même exécuter une ou deux petites
chorégraphies qui vont avec cette musique... simplement pour
m'avoir entendu concocter tout cela à la maison, entre le
ménage et la cuisine, et pour avoir assisté à
quelques répétitions ainsi qu’à une ou deux
représentations - ce qui me fait vraiment plaisir ! (Rires)
Alors, "comme une grande", j’ai fait mes
mélodies, j’ai contacté une personne qui est un musicien
assez polyvalent - il joue de la guitare, de la basse, de la batterie,
il est pianiste au départ ; il a aussi l’avantage d’être
d’origine antillaise et d’avoir longtemps vécu en Occident
; et il a un petit studio d’enregistrement, il touche un peu à
tout… Il est capable de faire de la musique sur des styles
bien d’ici mais aussi tropicaux, et ça me convenait parfaitement,
étant donné que je n’avais pas encore de couleurs
précises ; je suis assez éclectique dans le domaine
musical, tout m’intéresse…
Donc, cette première expérience ne
pouvait être qu’une sorte de patchwork, une œuvre un peu mosaïque
; ça allait parfaitement. Nous avons eu un entretien ou deux,
et il a été d’accord pour m’accompagner. Et quand
il avait besoin de rajouter ceci ou cela, il faisait appel à
d’autres musiciens. C’est comme ça que cette première…
ébauche musicale a vu le jour. Du reste, je suis toujours
à la recherche de musiciens pas trop frileux, plutôt…
audacieux, disons des gens assez ouverts à l’innovation,
ainsi que des choristes, des danseurs... à Lausanne et dans
ses environs, éventuellement dans les cantons voisins (Genève
et Fribourg), qui puissent entrer dans la ronde pour continuer cette
passionnante aventure et faire un bout de chemin avec moi...
La musique que vous voulez faire est donc volontairement "métissée"
…
Voilà : j’ai plutôt envie… d’élargir.
Je me dis qu’au jour d’aujourd’hui, ça n’a aucun sens de
se cantonner… enfin personnellement, j’ai pas envie de m’enfermer
dans ce que j’appelle - toutes proportions gardées - le "ghetto"
congolo-congolais ou congolo-africain ou afro-africain ; la musique
a quand même ceci d’extraordinaire que c’est un langage assez
universel finalement, qui peut très bien toucher différentes
personnes. La preuve, c’est qu’on apprécie des morceaux chantés
dans des langues qu’on ne comprend absolument pas : donc il y a
autre chose qui rentre en ligne de compte.
C’est certain qu’il y a des influences
africaines, elles ne peuvent pas manquer, parce que je viens de
là, je suis foncièrement Africaine. Mais je crois
avoir aussi… je sais pas… "pris" un peu d’ici… D'ailleurs,
à ce jour, j'aurai déjà passé plus de
la moitié de mon existence en Europe, plus précisément
en Suisse : je m'y suis mariée, j'y ai fait des études,
et tous mes enfants y sont nés ; j'y ai vécu des expériences
qui comptent sans aucun doute parmi les plus fortes, les plus significatives
de ma vie, heureuses et moins heureuses... : on n'en sort pas indemne
! Plus, ça crée des liens, des affinités...
Je me sens donc aussi suisse dans une bonne mesure. Je pense être
quelque chose comme une sorte… comment dirais-je… d’hybride, de
métisse culturelle, selon le mot de Senghor.
Mon objectif est donc de proposer quelque chose qui soit assez
mélangé, assez métissé, et qui s’ouvre
aussi aux autres musiques actuelles, qui puisse s’écouter
et se danser dans des boîtes ou des cafés à
Paris, à Londres ou à Bruxelles, avec autant de plaisir
qu'à Kinshasa, Abidjan, Dakar, "Jobourg", ou Brazza,
à Lausanne, Genève, Dublin, etc., comme à Port-au-Prince,
à Pointe-à-Pitre ou à Fort-de-France... à
Montréal ou ailleurs...
Sur le plan instrumental, je souhaiterais aussi ajouter à
la guitare et au « konga » coutumiers de la musique
congolaise des instruments inhabituels tels que le piano, les violons
et violoncelles, de même que le xylophone et surtout les cuivres
qu’on y trouvait pourtant naguère mais qui semblent avoir
disparu : trompette et saxo… et pourquoi pas d’autres encore…
Mais peut-être, dans un second temps, rien
n’empêcherait que je fasse quelque chose de plus typiquement
africain : c’est d’ailleurs un projet que je nourris comme ça…
de faire quelque chose de vraiment directement inspiré du
folklore congolais. Et en fait ce ne serait même pas du Congo,
car je viens d’une petite ethnie, assez minoritaire… Mais ça,
c'est de la musique d'avenir, ce sera par la suite, si Dieu me prête
vie, et que je continue à avoir cette énergie ! (Rires)
Y-a-t-il dans vos textes des thèmes privilégiés
?
Je ne peux pas dire que j’aie un thème privilégié,
j’essaie d’aborder les thèmes de la Vie en général,
de parler des choses qui me touchent, me surprennent, m'émerveillent,
me révoltent aussi… car je suis quelqu’un qui supporte assez
mal l’injustice et l'hypocrisie, par exemple, sans être forcément
dans la chanson dite "engagée", très clairement
dénotée… Bien sûr, un artiste digne de ce nom
se doit aussi de dénoncer ce qui ne va pas dans la société,
dans l'environnement où il évolue. Et je ne m'en priverais
pas si un cas se présentait. Cependant, je pense que je n’ai
pas à entrer en guerre systématiquement contre qui
que ce soit, par pure idéologie, mais j’aime bien dire les
choses qui me plaisent, je suis assez spontanée… La langue
de bois, je ne connais pas tellement. Je dis les choses comme je
les ressens, sans agressivité souvent, voire avec humour,
mais il arrive que je me passionne et que je m’emporte… De tout
façon, il y a un temps pour être sérieux, grave,
etc., pour douter, s'interroger ou s'émerveiller... et un
temps pour rire, se marrer... un temps pour pleurer, pour se fâcher,
se révolter, crier, taper du poing sur la table, etc. C'est
tout cela, la vie ! Bref, dans la musique comme dans toutes les
formes d'expression artistique, il n'y a pas d'emblée de
sujet tabou pour moi, à très peu de choses près...
le tout étant la manière de l’aborder, de le dire,
de le faire...
Alors je chante toutes ces choses-là de la
Vie, l’Amour - et pourquoi pas l'amour pour un pays, que celui-ci
soit natal ou d’adoption ?… Un pays qu’on a peut-être seulement
visité, ou qui nous a fait rêver… -, l’Amitié…
la vie de tous les jours… L’émerveillement devant un enfant,
devant les beautés de la nature, les déceptions, le
temps qui coule et qui emporte tout sur son passage, qui fait parfois
voler en éclats certaines de nos convictions d'autrefois...
Qui nous fait grandir aussi. Et puis… comment dirais-je, l’éclaircie
qui arrive quand on n’y croit plus, ou quand on croit tout perdu…
Dans ce premier album, il a quand même été plus
souvent question d’amitié et d’amour. Et de ces déceptions
dans l’amitié, vous savez, ces relations à sens unique
où vous êtes toujours là, à répondre
"présent" quand un "ami" appelle au secours,
et puis où, le jour où vous avez besoin de lui… C’est
le morceau "phare" en fait qui parle de ça, mais
il est écrit en tshiluba, il va donc falloir que j’en fasse
une traduction en français, en face…
Justement : dans le quatre titres, dans quelles langues les
textes sont-ils écrits ?
Pour l’instant, il y a un seul morceau en français
(mais il y en a d'autres au frais... dans la langue de Voltaire)
; il y a un morceau en tshiluba - une des quatre langues nationales
du Congo, la langue de ma région d'origine - et deux morceaux
en lingala (langue de la capitale, qui a été la langue
de l'armée, c'est-à-dire celle du commandement militaire,
notamment du temps de Mobutu, la langue la plus parlée au
Congo aujourd'hui en fait). Et en plus c’est très mélangé
: le morceau en tshiluba est dans un style assez reggae, mais un
reggae qui s’est voulu pas trop pur, pas trop net. Le deuxième
- "À la Vie, à l’Amour" - est en français,
c’est un reggae assez lent ; le troisième, en lingala, se
veut plutôt "soul" ; pour le dernier, en lingala
également, c'est du "zouk"… Vous voyez, c’est
assez mosaïque… d’où le nom du groupe ou de l’artiste
« Mozayika », qui est à l’image de moi-même
telle que je me connais… ou crois me connaître... (Rires)
Hormis les influences culturelles, est-ce que vous arrivez
à déceler des influences dans votre musique?
Non, pas pour l’instant ; à cette étape
du travail, non. Très sincèrement, je ne peux pas
dire, même avec ces morceaux de reggae : « Bob Marley
m’a influencée », ou Jimmy Cliff, ou je ne sais qui
d’autre… Ce qui me plaît, ce que j’aime dans la musique,
ce sont moins des artistes ou des groupes que des morceaux, parce
que chez le même artiste ou dans la même formation,
je peux réagir très différemment selon ce que
j’écoute ; quoique, bien évidemment, il y ait des
artistes ou des formations qui, dans l'ensemble, font des choses
qui me plaisent généralement. C’est pour ça
que je ne comprends pas toujours très bien ce phénomène
de fanatisme dans le milieu musical, ce fanatisme quasi-religieux…
Je ne comprends pas toujours que certains ne jurent que par tel
ou tel artiste, telle ou telle formation, exclusivement...
Non, je ne peux vraiment pas dire tel ou tel artiste
m’a influencée… Je n’aime pas non plus faire de l’imitation
pure et simple : c’est la raison pour laquelle je n’ai pas voulu
faire de reprise, en tout cas pas pour débuter. Les reprises
sont excellentes pour s’exercer, se faire la main... J’aime ce que
les gens font, ce qu'ils créent eux-mêmes, je n’aime
pas beaucoup les copies, même si j'admets volontiers que certains
interprètes savent revisiter un vieux morceau, lui ajouter
un je-ne-sais-quoi de plus grâce à leur voix - qui
peut être particulièrement intéressante - associée
éventuellement à un style insolite ou... inattendu
par rapport à l'original) ; mais ce n’est pas dans mes cordes,
je préfère faire quelque chose, sinon d’inédit,
au moins d’original.
Mon souhait est d'apporter ma petite pierre à
l'édifice du patrimoine musical du monde, non de copier servilement
ce qui existe déjà. On dirait que la génération
actuelle est en panne d'inspiration - et c'est dommage à
un certain point de vue - d'où toutes ces reprises de morceaux
anciens que chacun assaisonne à qui mieux mieux à
la sauce moderne... Personnellement, je ne tiens pas à offrir
du "réchauffé" aux mélomanes... (Rires)
Cela dit, je crois qu'on subit forcément des
influences, qu'on le veuille ou non, même inconsciemment.
Chez moi, elles seraient alors multiples, diffuses... Il y aurait
tout d'abord la bonne vieille "rumba" congolaise (qui
a quand même énormément influencé la
musique de nombreux pays en Afrique, traversant même les frontières
du continent) un peu à la manière des "ancêtres"
: Wendo, Mondanda... Suivis de la génération des "aînés"
: Grand Kallé, Sam Mangwana, Luambo dit Franco, le "Seigneur
Ley" autrement dit Tabu Ley Rochereau, etc. Cela ne signifie
nullement que je jette tous les autres aux orties : les "cadets"
- jeunes et moins jeunes - et les nouvelles orientations qu'ils
osent proposer courageusement, non sans une certaine audace parfois
- Ray Lema, Papa Wemba et Lokua Kanza, pour ne citer que quelques
exemples. En plus de la rumba, il y aurait aussi sa sœur cadette,
la "soukous" actuelle.
Viendrait ensuite la chanson française...
- francophone, devrais-je dire - la variété... qu'un
cousin et des amis d'adolescence m'ont fait connaître dans
les années 70, au Congo, et dont j'ai continué de
me régaler en arrivant en Europe. Le cousin en question était
friand de France Inter qu'il écoutait régulièrement.
C'était l'époque de "Salut les copains"...
Enfin, dès 1976, au moment de mes fiançailles, puis
lorsque j'ai débarqué en Suisse, à la fin des
années 70, mon mari m'a fait découvrir d'autres chanteurs
français, le reggae, la soul afro-américaine, la musique
afro-cubaine (salsa) et latino-américaine en générale
- le mambo me plaît ! J'adore Dario Moreno, entre autres -
même si certains pensent que "ça fait ringard".
D'ailleurs, le rythme afro-cubain a pas mal d'affinités avec
la "rumba" congolaise. En fait, ces deux musiques se sont
nourries l'une à l'autre, par la force des choses, pour des
raisons historiques évidentes... Et aujourd'hui, je m'intéresse
plus attentivement au jazz et au blues...
Je voudrais juste ajouter ceci : force est de constater
que depuis quelque temps un phénomène… de vases communicants
s’est produit entre toutes ces musiques, vu la mobilité des
individus, le brassage des cultures et les divers échanges
qui en résultent. Mon ambition serait de réussir à
m'inspirer d'un peu de tout ça, sinon de mixer le tout pour
en faire jaillir quelque chose d'original, grâce à
une subtile alchimie, que je m'efforce de trouver et de mettre en
pratique... Je ne sais pas encore si j’y parviendrai, mais tel est
le défi….
Cela dit, si ça se trouve, je vais me retrouver
"classée" dans le courant de la "Chanson Française",
de la bonne vieille et éternelle chanson française…
Mon souhait serait d’intéresser les gens pour ce que JE fais,
sans "vendre mon âme" ni donner dans la facilité
qui consiste à faire un tube en reprenant un autre tube des
années 70, ni encore moins me lancer inconsidérément
dans un style simplement parce qu'il est à la mode…
Et là, si filiation il doit y avoir, je voudrais alors...
comment dirais-je... m'abreuver... oui… puiser mon inspiration chez
les "anciens" : ces monuments, ces véritables poids
lourds de la chanson française que sont Brassens, Brel, Trenet,
Aznavour, etc., des gars comme Ferrat, et chez des moins anciens
tout aussi talentueux tels que Gainsbourg... un certain Gainsbourg
plutôt... un certain Nougaro, etc. Et même chez... Solaar,
le franglais excepté cependant : car pouvoir jongler avec
la langue française qui se prête si bien aux calembours
et aux jeux de mots, ça me plaît assez - chez des magiciens
de la ritournelle comme Henri Salvador, Julien Clerc... J'en oublie
certainement beaucoup... dont des dames... et Dieu sait s’il y en
a ! Chez ces tas d'autres artistes exceptionnels de la chanson francophone…
Pas nécessairement pour la manière de chanter, bien
sûr, car certains sont inimitables, mais plutôt pour
leur belle écriture... Enfin, je devrais féliciter
et remercier leurs paroliers, s’ils n’écrivent pas eux-mêmes…
C'est que je tiens à proposer des chansons
qui tiennent la route, qui racontent une histoire d'une manière
assez artistique, un tantinet poétique... À ce propos
je voudrais préciser que ce premier CD démo n'est
qu'une ébauche... un aperçu de ce que je compte faire.
Car à ce jour, j'ai en chantier des textes et des mélodies
pour au moins trois albums. C'est que, ayant commencé assez
tardivement, je me dois pour ainsi dire de mettre les bouchées
doubles, voire triples… (Rires) Non, je plaisante ! La vérité
c'est que la gestation a été plus que longue... Alors,
la naissance ne pouvait être que multiple... Toutefois, il
aurait été impossible de tout faire éditer
d'un seul coup...
En fin de compte, même si ce n'est pas le cas
avec ces quatre premiers morceaux, je crois que, sur le plan de
la rythmique, cela devrait donner grosso modo quelque chose de...
disons... d'assez proche de ce que fait Dany Brillant dans certaines
de ses chansons, ou ce qu'a réalisé Maurane dans "Le
Prestidigitateur", ou Buenaventura avec sa reprise de Michel
Fugain dans "C'est une belle histoire". Avec cependant
une petite touche "afro" en plus, ne serait-ce que par
le "sebene", ce son de guitare solo si caractéristique,
si rythmé ! Une guitare typiquement congolaise et qui fait
se trémousser les foules ! Ne serait-ce que par ce léger
accent qu'une oreille avisée ne manquerait pas de déceler
chez moi lorsque je chante en français... (Rires)
Bref, tout reste encore ouvert... Enfin, j'espère surtout
que le public - juge suprême en la matière - appréciera...
Voilà !
Contact :
e-mail : mozayika@hotmail.com
Jean-Marc F.