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ICONE OU IDOLE, MADONNA, FIGURE EMBLEMATIQUE
DU FEMININ MUSICAL ET LIBERAL.
Il ne s’agit pas ici de plagier les innombrables
biographies qui ont été faites sur cette artiste à
la discographie impressionnante et au parcours originalement sinueux,
mais d’affirmer qu’elle représente tout ce qui a toujours
fait peur : une femme qui chante, qui danse et qui aime comme bon
lui semble. Madonna n’a jamais eu de tabou : le corps, la religion
et l’argent sont traités avec une grande liberté dans
la plupart de ses chansons.
Son premier titre passe inaperçu en France
; « Holiday » vante les mérites du divertissement.
C’est un rythme alerte et coloré qui nous dévoile
une jeune personne affublée de fripes quasi psychédéliques
qu’elle - seule ose porter. En effet, Madonna, c’est avant tout
une sorte de « marque déposée », une apparence
festive et séductrice qui ne se gêne pas de montrer
au public une dentelle impudique. « Provocatrice » clame-t-on,
elle est simplement image d’un fantasme, d’une déviation.
Puis les adolescentes l’affichent sur tous les murs
de leur chambre. « Like a virgin » en fait rêver
plus d’une! Madonna est fille de son temps : elle savoure le «
monde matériel » qui lui ouvre les portes des maisons
de disque, les hommes dont elle se joue, le fanatisme d’un public
fétichiste dévoué à sa couronne oxygénée.
Madone libertine, elle travaille avec acharnement ; sa plastique
devient support médiatique : elle ne veut pas être
qu’une femme, mais toutes les femmes. « True Blue »
l’a faite baby-doll suggestive, indisciplinée lorsqu’elle
offre sa petite culotte dans ses concerts . Athlétique, elle
se livre à toutes sortes d’exercices de notoriété
: il faut beaucoup de souffle à la presse pour suivre les
moindres ébats d’une personne qui a la ferme intention de
s’afficher au monde.
Détour vers soi : la star renouvelle sa chevelure
et apparaît comme la plus belle des créatures pour
« Like a prayer ». Une vidéo nous montre un baiser
brûlant de dévotion entre notre sujet et un christ
noir. Scandaleuse pour le plus petit état du monde (le Vatican),
elle est la première ( et la seule) à mettre en paroles
et images l’amour de la foi, la rencontre d’un homme et d’une femme.
Madonna brusque les cieux pour un retour sur terre.
Jamais résignée à la soumission
des dites « bonnes mœurs », elle s’initie aux autres
choix de la vie. On l’étiquette de perverse, de mauvaise
actrice, de débauchée ou de déchue. L’opinion
publique se contente d’acquiescer, assimilant le trouble à
la réalité. On censure un parcours semé de
rebondissements, de personnages vivants comme on censure un roman
qui nous rappelle à quel point notre vie est banale et factice.
Madonna n’est plus à la mode, il en a été décidé.
Aujourd’hui on la retrouve pour des b.o de films, espérant
quelque éclat, quelque sursaut explosif de sa part. On se
souvient d’elle : une femme qui a su nous faire rêver à
l’expression du possible réel.
Karine.F