Indochine - 3.6.3
(Columbia / Sony Music)
3.6.3, le double live d’Indochine
enregistré à Bercy le 3 Juin 2003 vient de sortir.
A ceux qui n’habitaient pas notre galaxie ces vingt cinq dernières
années, je rappellerai qu’Indochine est un groupe mythique
des années 80. Qui n’a jamais entendu « L’aventurier
» ou « Trois nuits par semaine » ? Lâchement
abandonné par sa maison de disques sous prétexte qu’il
n’était plus rentable, et par les media qui le trouvait has-been,
le groupe Indochine n’a jamais cessé de se produire en concert.
Et ce qui devait arriver arriva : c’est grâce au public, et
à lui seul, que le groupe est revenu sur le devant de la
scène. Belle leçon…
Les vrais héros de tous les temps…
1982. A l’époque on tartinait les murs de notre chambre
de posters d’Indo pour faire chier nos parents (NDR : «
Une fille au masculin, un garçon au féminin »
? C’est quoi ce groupe qui chante de telles conneries et qui, en
plus, se maquille ?), et on chantait à tue-tête
« et soudain surgit face au vent, le vrai héros
de tous les temps ». Puis, en 1985, arriva le troisième
album du groupe, album mythique s’il en est : 3ème
sexe. Cet album contient la majorité des tubes d’Indochine.
De « 3ème sexe » à « Canary
Bay », en passant par « Salômbo »,
« A l’assaut des ombres sur l’Ô », «
Trois nuits par semaine » ou « Tes yeux noirs
» ; ils y sont tous. Malheureusement, l’album suivant, 7000
dances marque clairement la fin d’une époque. Les
ados fans du groupe ont mûris et il n’est plus « à
la mode » d’écouter Indochine.
Les années bazar…
Les années 90 vont offrir à Indochine une longue
traversée du désert. Les albums se suivent, mais l’intérêt
des media et surtout de leur maison de disques ne cesse de chuter.
Le baiser (1990), Dans la Lune (1992),
Un jour dans notre vie (1993) et Wax
(1996) sont des échecs que n’arrivent même pas à
rattraper les sorties successives de 3 best-of.
A l’assaut …
En 1997, Indochine sort un live, Indolive, et beaucoup
de gens se posent alors la même question : ils font encore
des concerts ? Et bien oui, et c’est justement ça qui va
les sauver. La majorité de leurs concerts sont sold-out,
et ce, sans aucun renfort des media, d’où l’exploit. Certes
les ventes d’albums ne sont pas au beau fixe, mais le groupe, dont
le line-up a changé radicalement, y croit encore… Gonflé
à bloc, Indochine ressort en single la version live de «
L’aventurier ». Le grand public (pas les fans qui n’ont
jamais lâché prise) accroche de nouveau, et l’album
suivant, Danceteria, suscite de nouveau un intérêt
dans les milieux autorisés…
Mais qu’est-ce qui brille sur nos regards ?
Mais c’est surtout le concert acoustique Nuits intimes,
sorti en 2001, qui va définitivement prouver qu’Indochine
sait s’adapter et évoluer à son rythme.
Le single extrait de ce live, « Tes yeux noirs »
est à nouveau diffusé en boucle par les radios. Lentement
mais sûrement, Indochine revient sur le devant de la scène,
récupérant même au passage bon nombre de fans
« inconditionnels » qui les avaient laissé tomber
en cours de route…
J’ai demandé à la Lune…
En 2002, Indochine connaît la consécration grâce
à un titre étrange, écrit par un certain Michaël
Furnon. C’est l’histoire d’un mec qui va mal et qui demande à
la Lune de l’aider. A cette époque, Nicola Sirkis, seul membre
rescapé du groupe originel, n’a plus d’inspiration. Il demande
donc aux auteurs et compositeurs qu’il connaît de lui proposer
des titres. C’est grâce au titre « J’ai demandé
à la Lune », écrit par celui que le grand
public allait bientôt découvrir comme leader du groupe
Mickey 3D , qu’Indochine est revenu. L’album Paradize
est un succès phénoménal (980 000 exemplaires
vendus en France), qui fait écho aux débuts de carrière
du groupe. Les singles sont tous des « hits ». Du duo
« Le grand secret » avec Melissa Auf der Maur
(ancienne bassiste de Hole et des Smashing Pumpkins), aux chansons
« Mao Boy », « Marylin » ou
« Un singe en hiver » écrite par Jean-Louis
Murat. Indochine est à nouveau inclus dans les playlists
radio. Lesquelles radios ressortent même, pour l’occasion,
les anciens titres.
Paradize Tour…
Fidèle à son habitude, Indochine repart en tournée.
Une tournée marathon en 3 parties, avec au total, 79 dates
en Europe. Le double live, « 3.6.3 »,
est en fait le dernier concert de ce Paradize tour, enregistré
à Bercy le 3 Juin 2003 (3.6.3).
Nous y retrouvons 26 titres couvrant les 22 ans de derrière
du groupe. Les chansons extraite de Paradize sont
omniprésentes (Melissa Auf Der Maur a même fait le
voyage depuis New-York pour interpréter « Le grand
secret »), mais Nicola n’oublie pas les chansons très
anciennes, « parce qu’on est un très vieux groupe
». Indochine a pensé, a bon escient, inclure «
Trois nuits par semaine » en début de concert,
ce qui provoque l’hystérie des fans.
Et le public a son importance, et a même une importance
capitale dans la carrière d’Indochine (comme je l’ai dit
plus haut). Nicola ne s’y trompe pas, et les remercie : «
putain de tournée, putain de public, vous méritiez
Bercy ». Pendant plus de deux heures, les 16 000 personnes
vont sauter, chanter et célébrer les « hits
» du groupe.
Au fil du concert, nous retrouvons les titres qui ont fait d’Indochine
un des groupes majeurs de ces vingt dernières années
: « Des fleurs pour Salinger », « Les
tzars », « Tes yeux noirs », «
3ème sexe », et, bien sûr, « L’aventurier
». Le son est propre et les arrangements des anciens morceaux
ont été revues pour qu’ils ne sonnent plus «
années 80 » (sauf « Miss Paramount »,
mais c’est voulu). En plus, ce qui est extrêmement rare, «
aucune voix ni aucun instrument n'a été réenregistré
pour ce live », ce que nous indique le site web du groupe.
Indochine est revenu, et ça fait du bien.
Site web : www.indo.fr
NB : Le 16 Février prochain sortira un triple
DVD regroupant le concert intégral de Bercy + les inédits
des Zénith de Paris + le Paradize Tour vu de l'intérieur
et autres bonus.