Jean-Jacques Goldman : Un tour ensemble (Columbia)
Un nouveau live d’une des références de la chanson
française, ça ne se manque pas. Et quand il s’agit
de Jean-Jacques Goldman, il est vraiment hors de question
de passer à côté.
Né en octobre 1951, Jean-Jacques Goldman a une
carrière exceptionnelle que l’on ne présente plus.
Ses parents immigrés juifs et militants communistes vont
influencer les textes de certaines de ses futures chansons. Il fait
ses premiers pas en musique dans la chorale municipale. Etudes et
appel des drapeaux l’occupent jusqu’en 1975 où il créera
le groupe Taï Phong qui publiera trois albums. Le groupe
se sépare et il commence à travailler en solo : en
1981 sort Il suffira d’un signe et son premier album éponyme.
Ce sera le premier tube à son actif. Un an plus tard, il
sort son deuxième album qui amènera Quand la musique
est bonne. Puis la machine se met en route pour ne se plus s’arrêter
: Positif en 1984, Non Homologué en 1985. Ses
rencontres successives l’amène à former l’inoubliable
trio. L’album Fredericks Goldman Jones sortira en 1990. Il
cherche ensuite toujours l’originalité : il chantera avec
les chœurs de l’armée rouge en 1994 pour l’album Rouge
(!). Il retourne vers une carrière solo plus classique en
1997 avec En Passant mais ne peut s’empêcher de redonner
une nouvelle note originale. "Chansons pour les pieds",
sorti en 2001, explore en effet tous les styles musicaux «
dansants ». Il vend des milliers d’albums personnellement
mais il écrit aussi pour Johnny Hallyday, Patricia Kaas,
Céline Dion ou Khaled sous son propre nom ou sous
divers pseudos. Il est aussi l’un des piliers permanents qui a répondu
à l’appel de Coluche pour fonder la bande des Enfoirés
au profit des Restos du Cœur.
Ses derniers albums nous ont depuis longtemps habitués
aux packagings les plus originaux. L’artiste revendique en effet
depuis de nombreuses années sa « haine » du boîtier
plastique classique et trop banal. On se souvient des boîtiers
métalliques ou des guitares qui ornent la pochette. Ce nouveau
live n’échappe pas à la règle avec cette fois
une série de diapos extraites du spectacle à regarder
grâce à une visionneuse incluse dans le boîtier.
Un très bel objet avant même d’avoir écouté
une seule note.
Un concert de Goldman est toujours un événement
et ce pour plusieurs raisons. En premier lieu car l’artiste à
une relation très particulière avec la scène
et le public. En effet les prestations sur scène l’attirent
autant qu’elles lui font peur. Et il lui faut toujours un certain
temps pour être convaincu de se présenter à
nouveau au public. Mais le résultat est toujours très
impressionnant. Pour cette tournée la scène permettait
aux artistes de se retrouver au centre même d’un public de
plusieurs milliers de personnes ou de s’élever et de finir
le spectacle à l’horizontal au dessus des premiers rangs.
Au niveau musical, on retrouve une grande partie du denier album
avec les désormais incontournables "Ensemble"
et "Les Choses". Certaines chansons sont toutefois
à redécouvrir à l’image de "Tournent
les violons". Cette dernière jouit d’une interprétation
complètement différente ("médiévale"
en fait…) de la version studio qui bénéficiait d’un
orchestre complet de cordes. Cette fois c’est Jean-Jacques Goldman
lui-même seul au violon qui s’y colle, ce qui lui a demandé
un véritable entraînement quotidien pour maîtriser
à nouveau l’instrument. Mais on retrouve aussi de grands
classiques des albums précédents comme "Envole
moi", "Encore un matin" ou "Né
en 17 à Leidenstadt". On a aussi la joie de trouver
ou de découvrir pour les plus jeunes des titres moins connus
comme "Petite Fille".
On sait que l’attitude du chanteur lors de ses concerts est très
loin de l’image que l’on peut s’en faire par ses apparitions en
promotion. Et il le prouve encore une fois de plus avec des transitions
entre les chansons qui frisent parfois le comique. Il entretient
une parfaite relation avec son public. Le début du spectacle
est en effet une répétition générale
pour les choristes occasionnels d’un soir que sont les spectateurs.
Il faut bien sûr prendre en compte qu’il est loin d’être
facile de rendre compte d’un spectacle en ne présentant qu’une
version audio. Néanmoins cet album live permet de revivre
les grands moments de ce magnifique spectacle. Notamment l’émouvant
hommage à Carole Frédericks (sur "Juste
après" et "Nuit") où l’on
sent toute l’émotion du public.
C’est l’enregistrement d’un spectacle exceptionnel que nous offre
encore Jean-Jacques Goldman. Seul bémol, il rend encore plus
impatient de découvrir la version DVD qui devrait sortir
avant la fin de l’année.
Jean-Jacques Goldman : Un tour ensemble
CD 1
1 - Je marche seul
2 - Répétitions
3 - Nos mains
4 - Petite fille
5 - Encore un matin
6 - Poussière
7 - Je voudrais vous revoir
8 - Juste après
9 - En passant
10 - Veiller tard
CD 2
1 - Flûtiau et violon approximatifs
2 - Et l’on n’y peut rien
3 - Tournent les violons
4 - Ensemble
5 - On ira
6 - Les choses
7 - Né en 17 à Leidenstadt
8 - C’est pas vrai
9 - Présentation des musiciens
10 - Nuit
11 - Envole moi
12 - Puisque tu pars