DOMINIQ. ALPHA
Toutes Directions
Le
moins que l'on puisse dire, c'est que Toutes Directions porte bien
son nom ! Avec ce premier album, Dominiq. ALPHA nous fait
un festival. Au fil d'une voix intermédiaire entre Brian
Adams et Balavoine ou le Goldman de "Quand la musique est bonne"
(si, si c'est possible !), ce rocker de cour diplômé
du CIM en guitare, composition et arrangement et de la Schola Cantorum
en orchestration, décline et marie les couleurs très-très-très
nombreuses de sa palette d'inspiration et d'expression. Maniant,
semble-t-il, les styles musicaux comme un gamin ses cubes, il nous
transporte dans un univers auditif bigarré et rebondissant,
passant sans transition du funk au rock hardos (son premier amour.),
puis californien, puis français, au groove, au jazzy, au
bluesy, au nostalgique accordéonnant, au brumeux balladant,
au slow glamourant, . - bigarré.
Mieux vaut ne pas
s'attendre pourtant au plan visite guidée ou catalogage de
clichés (fussent-ils incontournables ou grandioses, les clichés
: la Tour Eiffel, Big Ben, Kéops, le Taj Mahal,.), car ce
zygoto-là a de la personnalité à revendre,
du peps, et il le montre ! Ses chansons sont tout sauf calibrées
au millimètre ; elles sont tout, et plutôt hybrides,
inouïes, spontanées, au croisement d'influences diverses
qui se mêlent et se fondent à la perfection, reflets
mêmes du caractère libre et vif de leur "papa".
Dans la musique, dit-il, j'aime tout ce qui me permet d'avancer,
d'innover, de découvrir. Et donc, j'aime me perfectionner,
apprendre tout ce qui touche à la théorie musicale,
à l'arrangement, à la création orchestrale.
Ce qui me fascine et m'appelle, c'est créer de nouvelles
ambiances, trouver ce que je ne connaissais pas. » Du coup,
la "patte Alpha" c'est la surprise : le genre est direct
sans que l'écoute soit du tout-cuit. Il s'amuse, trouble
les atmosphères, intensifie les teintes, étend les
limites. Il nous prend la main, nous emmène: l'on avance
en terre inconnue, étonnés puis ébahis, dans
un climat de fraîcheur bon-enfant, très live, rentre-dedans,
acoustique, punchy, instantané, humain - pour l'humain justement,
Dominiq. A a tenu à s'entourer de nombreux musiciens, parmi
lesquels lui-même, au
synthé et guitare-héros.
Le tout est
cohérent, évident mais sans ronron. « Une musique
qui, l' espère-t-il, saura toucher les gens, justement parce
qu'elle ne cherche pas à être commerciale. »
De la variété au vrai sens du terme, qui en tous les
cas ne laissera pas indifférent, dans laquelle Dominiq. est
parvenu à combiner son ascendance rock franchement anglo-saxonne
avec la tradition française des chansons dites "à
texte". Textes qu'il n'a d'ailleurs pas écrits, préférant
confier cette mission à quatre paroliers : Airdebal, qui
est aussi son producteur, Linda Allouache, Evelyne Billot-Pinel
et Corelle Maley, avec laquelle il avait déjà plusieurs
fois travaillé, sa parolière attitrée dirons-nous.
Ce n'est pas qu'il rechigne à la plume (cet ex-étudiant
en Lettres a du reste écrit de nombreux textes en langue
anglaise), mais il attendait de cette association qu'elle satisfasse
encore à son insatiable curiosité, qu'elle lui donne
un matériau neuf, étranger, autre que lui-même.
« Faire vivre un texte par une musique participe, explique-t-il,
de cette même motivation de renouvellement. Et, à l'inverse,
ça me fait progresser de voir quel type de texte, quelles
histoires peuvent être développés sur mes morceaux.
C'est pareil pour les musiciens : j'aime à m'entourer de
personnes ouvertes et motivées. Des gens qui me donnent leur
avis franchement, s'investissent, comme ce fut le cas notamment
avec Steev Op, l'ingé son et programmateur de l'album, qui
m'a épaulé tout au long de sa réalisation depuis
les prises de son jusqu'aux mix et au mastering. Je pense aussi
à Corelle Maley, qui est souvent venue nous voir et qui s'est,
de plus, occupée d'arranger les textes de ses comparses,
d'unifier le tout. » Une association dont le public ne pourra
que se féliciter : l' interaction est pour ainsi dire devenue
alchimie tant l'on sent d'osmose entre les syllabes, les notes,
le sens et les sons.
Le jeune Dominiq.
(qui n'a que 23 ans) a beau ne pas revenir de la chance que lui
a offerte ici son producteur en croyant en lui, lui qui se considère
avant tout comme un arrangeur, un « travailleur de l'ombre
» ; il a beau relativiser les compliments et réfréner
l'enthousiasme de son premier public, cet album n'en demeure pas
moins tout simplement une réussite ! J' ose lui demander
: « Alors, à quand le prochain ? » - pour sûr
qu'il va rempiler, boulimique qu'il est de nouvelles sensations
. « Ce n'est pas si simple. Il faut voir si la sauce prend
; attendre déjà que celui-ci. » J' insiste :
« Et dans quel style, plutôt ? » Il s'assombrit
un peu, réfléchit, soupire : « Le jazz, le rock,
la musique classique sont les trois centres principaux à
partir desquels je conçois ma musique. Pour enrichir mon
esprit musical d'emblée très rock, j'aime utiliser
toutes sortes de techniques orchestrales. C'est pourquoi je ne cesserai
jamais mes investigations dans des styles plus symphoniques. C'est
ce qui influence le plus ma visée musicale ; ça m'ouvre
de nouvelles possibilités sonores, ça m'indique de
nouvelles voies. Difficile alors de me fixer un itinéraire.
Je travaille, j' étudie, je consolide, j'écoute. Mon
prochain album sera certainement très différent de
celui-ci, même si je ne sais pas encore tout à fait
en quel sens, que je n'en ai qu'une vague idée. Je ne sais
pas. Wait and see. » Wait and see, d'accord, moi ça
marche ! De toutes les façons, on lui fait confiance pour
nous émerveiller encore, nous surprendre et nous enchanter.
En attendant, souhaitons-lui bonne chance pour ce baptême
du feu et surtout, souhaitons-nous que sa route se déroule
sur un long tapis rouge. Merci pour le voyage et le bel univers,
merci pour cette heure de bonheur ! Et à vos oreilles toutes
: décoiffage et émotions garantis sur la planète
Alpha. C' est parti !.
Virginie B.
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