David Bowie en concert à Nice
Palais Nikaïa - 10 Novembre 2003
La légende nous laisse sans voix…
Je l'avoue, c'est par curiosité que
je me suis rendu au Nikaïa pour assister au concert d'une des
dernières légendes vivantes du rock : David
Bowie. Curiosité car je connais uniquement ses
"tubes" et son dernier album, "Reality", que
j'écoute en boucle depuis sa sortie. Aux abords de la salle
de concert, tous les parkings sont pleins; je ne me fais donc aucun
souci pour la star et me prépare à affronter un public
venu en masse…
Surnommé le "Dorian Gray du Rock"
par la presse locale, Bowie donne indubitablement le même
sentiment à tout ceux qui le regarde, l'observe, le scrute
dans ses moindres détails en essayant de croiser son regard
paradoxal : David Bowie rajeunit à vue d'œil. Est-ce depuis
qu'il a joué dans une pub pour une eau minérale, mais
David Bowie, 56 ans cette année, s'accapare la scène
tel un "jeunot" de 35 ans.
Fidèlement accompagné de ses musiciens fétiches
(Mike Garson aux claviers, Earl Slick et Gery Leonard
aux guitares, Gail Ann Dorsey à la basse, Sterling
Campbell à la batterie et une charmante claviériste,
guitariste, percussionniste dont j'ai oublié le nom…), le
groupe fait son entrée sur scène de manière
"originale". Une animation, projetée sur l'écran
géant de fond de scène, présente le groupe
en train de jouer, avec Bowie à l'harmonica. Puis, les musiciens
font leur apparition, les uns après les autres, et s'installent
derrière leurs instruments respectifs. Tout le monde est
prêt ? C'est parti !
Le riff de guitare de "Rebel Rebel" résonne
et la légende débarque sur scène. Le son est
d'une qualité irréprochable, et les effets visuels,
projetés sur différents écrans, sont un ravissement.
En passant, un grand merci aux écrans géants, car
placé comme je l'étais (à l'avant dernier,
tout en haut, à plus de 120 mètres de la scène),
Bowie et ses musiciens ressemblaient à des fourmis s'agitant
dans tous les sens…
Bowie en chaîne sur les deux uniques titres extraits de
son dernier opus, "Reality" : "A new killer
star" et "Reality". Fini, on en parle
plus. Dommage, j'aurai bien aimé écouter la reprise
de George Harrison ("Try some, buy some").
Place aux anciens morceaux… "Fame", "Cactus".
Puis arrivent deux morceaux de choix : "China Girl"
(dans une version heureusement beaucoup plus rock que l'original)
et "The man who sold the world", qui provoque un
tonnerre de cris et d'applaudissements.
Après avoir présenté ses musiciens, arrive
le premier moment d'émotion de la soirée : "Under
Pressure" chanté en duo avec Gail Ann Dorsey,
la bassiste. A l'origine, cette chanson avait été
co-interprétée avec Queen. Lors du concert hommage
à Freddy Mercury, en 1992, Bowie l'avait chantée
avec Annie Lennox. Très bonne idée de l'inclure
dans le répertoire de la tournée. Le public est en
transe, et reprend en cœur la fin du morceau ("cause love's
such an old-fashion word, and love dares you to care for the people
on the edge of the night"… Je suis un mega fan de Queen,
j'étais donc aux anges).
A partir de ce moment, l'émotion est à son comble,
mais la légende Bowie commence à avoir de plus en
plus de problèmes de voix : les notes ne sont plus assurées,
et il se paie même le luxe de ne pas chanter, et de laisser
défiler le morceau en version instrumentale. Il essaie de
meubler, mais c'est de pire en pire. Il réussit même
à massacrer son fameux "Ashes to ashes"
et peine à interpréter "The motel",
chanson intimiste s'il en est. Les morceaux durent 2 minutes et
s'arrêtent net. Il faut faire quelque chose…
A situation radicale, solution radicale : Bowie improvise et
change sa set-list. Il annonce le titre du prochain morceau à
ses musiciens à la fin du précédent, d'où
de longs flottements et une certaine tension sur scène et
dans le public. C'est reparti, mais pour combien de temps ? "Be
my wife" (NDR : je ne connais pas le titre…), "I'm
afraid of Americans", "Heroes" qu'il massacre
aussi allègrement.
A partir de là, Bowie prend la seule décision qui
s'impose : il écourte le concert. Résultat ? Le "Ziggy
Stardust" qu'il devait jouer en rappel sera joué
maintenant, tout de suite, car Bowie n'en peut plus (NDR : du
coup il ne jouera pas "Never get old", "Changes",
"Five years" ou "Suffragette city", comme prévu…).
Le temps que le guitariste aille chercher la bonne guitare en
back-stage (et oui, ça n'était pas prévu…)
et il entame le riff guitare bien connu. La dernière phrase
de la chanson est un vrai calvaire : "Ziggy plays guitar".
On arrête le massacre. Bowie s'échappe de scène.
Il n'y aura pas de rappels ce soir. La salle se rallume, le public
hurle et reste incrédule et surpris face à une telle
fin de concert. Le son était parfait, les effets visuels
époustouflants, mais le public ne peut s'empêcher de
repartir très déçu…
A la fin de ce concert, Bowie est allé consulter un
médecin en urgence. Ce dernier lui a diagnostiqué
une laryngite. Il a donc été contraint d'annuler le
concert du 12 Novembre, prévu à Toulouse. Heureusement,
il était rétabli et en pleine forme pour son concert
marseillais, le 14, dans lequel il a chanté un peu plus de
chansons…
Site officiel : www.davidbowie.com