The Chemical Brothers - Come With Us
Il n'aura fallu que quelques années
et trois albums pour que le duo londonien formé par Tom Rowlands
et Ed Simons soit considéré comme un des plus innovants
et influents de la scène électro.
Inventeurs du Big Beat (Rythmique imparable, basses
à vous décoller les tympans et influences puisées
dans le rock), les Chemical Brothers ont su à chaque album
repousser un peu plus loin la limite, nous faisant découvrir
à chaque fois des facettes de leur personnalité que
l'on ne connaissait pas. Après avoir sorti un premier single
quelque peu déroutant, pour ne pas dire décevant ("It
Began In Afrika"), ils nous livrent leur opus en entier.
L'album "Surrender",
sorti en 1999, avait permis aux Chemical de s'attirer les faveurs
du grand public, notamment grâce au titre "Aslepp
From Day", ballade rendue populaire par une publicité
pour une compagnie aérienne. Conscients d'être attendus
au tournant par une partie de la presse musicale qui jubile dès
qu'elle peut descendre en flèche un artiste qui a le malheur
de marcher auprès du public, les plus célèbres
frères de la scène électro ont décidé,
à juste titre, de ne pas tenter de faire un Surrender bis.
On n'en attendait d'ailleurs pas moins d'eux.
Armés de leurs machines et de leurs instruments,
ils repartent à la conquête des Dancefloors, bien décidés
à ne laisser aucun arrière-train statique. "Come
With Us" apparaît comme étant le titre
idéal d'un album plus direct, appelant tout le monde à
venir faire la fête. Pas de prise de tête à consonance
politico-idéaliste, ce n'est pas le style de la maison. Ici,
on ne se pose pas de question et on se laisser entraîner par
les rythmiques sorties des entrailles de la terre, les trips psychédéliques
(notamment "Pioneer Skies") et les sons tous plus
tordus les uns que les autres.
N'allez cependant pas croire que Come With
Us soit un album bâclé, loin de là. Car,
pour arriver à faire bouger votre popotin pendant près
d'un heure (env. 54 minutes), il faut posséder une maîtrise
totale des machines et instruments, mais également des arrangements,
afin que le tout soit le plus homogène possible et n'apparaisse
pas comme une suite de samples collés les uns aux autres.
Sur ce point, même les détracteurs les plus farouches
du duo sont forcés d'admettre qu'ils sont quasiment imbattables.
Ces deux-là ont un sens unique pour "faire monter la
sauce" et tout faire pour qu'elle ne redescende pas. Cela demande
un énorme travail de production et des jours, voire des mois
entiers, à repasser les mêmes passages pour trouver
l'idée qui va rendre le morceau unique. On ne s'étonnera
pas d'entendre Tom Rowlands dire, en parlant de leur dernier opus,
: " Il est vraiment différent de notre album
précédent, Surrender, qui avait une production très
directe. Celui-ci est beaucoup plus travaillé, avec une multitude
de détails et de nombreux arrière-plans."
(Trax, janvier 2002).
A noter la présence de deux invités, Beth Orton, déjà
présente sur Surrender, et Richard Ashcroft, ex-The
Verve, qui semble plus inspiré accompagné par le duo
de choc qu'en solo.
Pas besoin donc d'en dire plus sur cet album. Les
Chemical Brothers tracent leur route et nous invitent à les
rejoindre. Ce serait trop bête de ne pas sauter sur l'occasion…
Site Officiel : http://www.thechemicalbrothers.com