MIDEM 2003 : La protection anti-copie
Le MIDEM est l’occasion de discuter avec des protagonistes
venus du monde entier à propos de tout ce qui touche de près
ou de loin à la musique. Après s’être penchés
sur l’avenir du disque par le biais du son multicanal, jetons un
œil au second grand sujet de conversation du moment : la protection
anti-copie. La chose n’est pas nouvelle. Cela fait déjà
quelques années que les maisons de disques tentent d’effrayer
le pirate en herbe (c’est-à-dire un éventail allant
du copieur occasionnel qui fait plaisir à belle-maman au
graveur fou qui revend ses disques sous le manteau à la récré).
Rien de nouveau sous le soleil. Sauf que les systèmes
sont annoncés comme étant plus fiables et plus souples
d’utilisation. On se souvient des premières tentatives sur
les albums de Nathalie Imbruglia et de Céline Dion, qui ne
permettaient même pas, selon le cas, de lire le CD dans une
platine de salon ! Ce temps est, si on se fie aux firmes en question,
définitivement révolu.
Le plus présent et le plus connu est le système
défendu par Sony, j’ai nommé le Key2audio XS.
Derrière ce nom barbare se cache un procédé
empêchant la copie du disque en le rendant illisible par un
ordinateur. La première mouture du système s’est avérée
être un échec d’une part parce que les possesseurs
de PC utilisant ce dernier comme chaîne hi-fi ne pouvaient
pas profiter de leur album préféré, et d’autre
part parce qu’il a été « cracké »
sans trop de problèmes.
La nouvelle version conserve l’impossibilité de copier
le disque sur le PC, mais autorise sa lecture. En effet, lors de
l’introduction du disque dans l’ordinateur, ce dernier ne lit que
la partie spécialement pressée pour lui, c’est-à-dire
une partie protégée. Pour faire simple, le disque
comprend une partie lisible par n’importe quelle chaîne hi-fi
et une autre spécialement créée pour l’ordinateur.
On trouve plusieurs variantes basées sur le même
principe. Macrovision propose une solution baptisée
CDS. La différence concerne la gestion de la partie PC du
disque. Une tentative d’authentification du disque est menée.
Si elle réussit, le CD est copiable sur le disque dur (sans
pouvoir être gravé toutefois). Si elle échoue,
le disque reste lisible mais non copiable.
Autre système relativement intéressant : XPC pour
extended copy protection. Proposé par la société
anglaise F4i, ce procédé est proche de ses
concurrents. Son intérêt ? Celui d’être décliné
dans une version destinée à protéger les disques
gravés. Idéal donc pour l’artiste inconnu qui démarche
et qui n’a pas forcément les moyens de payer pour un pressage
et une option anti-copie.
Reste qu’un problème subsiste. Qu’en est-il de la sacro-sainte
copie de sauvegarde ? C’est en essayant de répondre à
cette question que MPO a élaboré le Private
Audio. Cette « solution » est un peu particulière,
puisqu’elle permet la copie du disque malgré la protection.
Tout cela ne se fait cependant pas à la volée. Lors
de son insertion dans le lecteur de cd-rom, le disque va chercher,
via le Windows Media Player, un certificat d’authenticité.
Si celui-ci permet au possesseur de l’album d’effectuer trois copies,
la protection sera levée pour le nombre de copies correspondant.
Ce système est intéressant mais non exclusif à
MPO, le chargé de communication de Macrovision m’ayant confié
qu’ils travaillaient sur le même produit.
Tout cela est amusant à observer mais tout le monde sait
très bien (et ces messieurs les premiers) que ces systèmes
ont une efficacité limitée (rien n’empêche une
copie analogique, voire numérique d’un disque en direct entre
un lecteur CD et un PC) et que la vraie solution se trouve ailleurs…
Sites à consulter sur le sujet :
http://www.key2audio.com
http://www.macrovision.com
http://www.mpo.com
http://www.first4internet.co.uk