Jeff Buckley
« Grace », le premier album de Jeffrey Scott
Moorhead n’aurait pas pu s’appeler autrement, car rarement un artiste
masculin dans l’histoire de la musique du XXème siècle,
aura atteint un tel niveau de perfection vocale si ce n’est dans
les répertoires classiques.
Né le 17 Novembre 1966 à Anaheim en Californie,
Jeff Buckley a, dès le départ, une lourde hérédité
musicale car il est le fils de Mary Guibert, une pianiste classique,
et de Tim Buckley auteur compositeur et interprète américain
des années 70 que Jeff ne verra que très peu, car
sa mère est remariée à un autre homme (dont
il prendra le nom, Moorhead, pour reprendre ensuite le nom de Buckley).
Jeff se passionne dès son plus jeune âge pour la
musique, il s’essaie à la batterie puis se met à la
guitare, instrument pour lequel il montre rapidement un véritable
don.
Comme beaucoup d’adolescents il joue dans différents groupes
aux styles variés, dans un cours de jazz de son école
et s’ouvre l’esprit à des influences éclectiques :
il écoute Jimi Hendrix, Al di Meola, Pink Floyd, Genesis,
Led Zeppelin, les Pixies, Judy Garland, Miles Davis, Louis Armstrong,
Nus Rat Fateh Ali Khan, Ella Fitzgerald, les Doors, Edith Piaf …
La liste est longue et non exhaustive.
Bien décidé à vivre de sa passion Jeff s’inscrit
à 18 ans dans le Musician’s Institute de Los Angeles et continue
à perfectionner son jeu de guitariste, mais il est très
déçu de l’enseignement qu’il y reçoit et ne
retiendra de cette école que les amis qu’il s’y est fait.
Il continue à jouer dans de nombreux groupes et vit de
petits boulots (comme réceptionniste dans un hôtel,
vendeur de fringues ou opérateur téléphonique)
mais malgré son talent, son avenir musical lui semble difficile
et il avouera des années plus tard avoir eu souvent le sentiment
de tourner en rond et avoir connu de nombreux moments de découragement.
En 1991, Jeff apprend qu’un hommage va être rendu à
son père (Tim Buckley) par ses amis et sa maison de disque
dans l’église St Ann à New York. Ayant peu connu son
père et n’ayant pas assisté à ses funérailles
il décide de s’y rendre.
Lors de cette cérémonie Jeff joue de la guitare
et chante devant une assistance médusée par tant de
talent et de sensibilité. Il y rencontre également
Gary Lucas, un autre guitariste qui lui propose de monter un groupe
(Gods and Monsters), Jeff accepte mais il décide peu de temps
après de continuer sa carrière en solo.
Installé à New York, il chante régulièrement
accompagné de sa guitare dans les bars et notamment au «
Siné » (ce qui fera l’objet d’un live magnifique) afin
de s’aguerrir à la scène et de se confronter au public
parfois peu attentif, mais qu’importe. Il est remarqué par
Serge Berkowitz de Columbia, et signe son premier contrat en 1992
et sort peu après un cd 3 titres promotionnel.
En 1994, Jeff a 28 ans, il sort son premier album intitulé
« Grace » et rencontre un succès unanime auprès
de nombreuses critiques et surtout auprès du public français
qui lui vouera un véritable culte, Jeff en sera d’autant
plus flatté que sa mère a de lointaines origines françaises
et qu’il est lui même un admirateur de Piaf. Il fera de nombreuses
dates aux Etats-Unis et en Europe et confirmera sur scène
son incroyable talent de chanteur (il chante sur 4 octaves et monte
très, très, très haut) et de guitariste.
En 1997, il entre en studio à Memphis pour enregistrer
un très attendu 2 ème album mais malheureusement après
une séance de travail il décide d’aller se baigner
dans la Wolf River, un affluent du Mississipi pourtant connu pour
sa dangerosité, et il se noie après le passage d’un
bateau ; on ne retrouvera son corps que quelques jours plus tard.
Il n’aura pas pu achever ce 2ème album : « Sketches
for my Sweetheart the Drunk » qui se compose donc des quelques
morceaux faits en studio avec son groupe et d’autres qu’il a enregistrés
seul sur un multipiste, de façon parfois un peu rudimentaire
(rythmes faits en tapant sur un micro par exemple) mais toujours
talentueuse et originale.
Il ne nous reste donc plus en souvenir, que les quelques disques
d’un artiste ultra doué, à la carrière trop
rapide laissant des millions de fans orphelins d’une voix qui, à
n’en pas douter, était un cadeau de Dieu……à un ange.
So long Jeff.
Site officiel : http://www.jeffbuckley.com/
http://www.sonymusic.fr/buckley/