RICHARD BONA
Quand on s’apprête à parler d’un des rares
du cercle très restreint des meilleurs bassistes de la planète,
dans les styles musiques du monde et jazz, le respect s’impose,
et l’écoute des ses morceaux devient indispensable. Du personnage
émane une grandeur et une classe dignes de maîtres
frôlants la perfection dans la pratique musicale.
Richard Bona a pu, grâce à son talent, rester plongé
dans l’univers de ses émotions, ne troquant pas la musique
au profit, mais l’utilisant pour raconter sa vie dans son pays natal,
musique porte-voix de ses revendications qui servent la cause de
l’humain et du quotidien. Sa fraîcheur de discours et sa modestie
naturelle l’ont gardé des dangers du show business, qui agrippe
facilement les jeunes prodiges.
Guitariste à ses débuts, c’est encore Jaco Pastorius
qui a lancé une vocation de bassiste, à travers sa
technique et son sens du jeu, profilés pour le plus grand
bonheur du jazz rock. Bona autodidacte mêle ainsi maîtrise
de l’instrument, de son jeu (toucher exceptionnel), rempli de couleurs
aux histoires si variées, l’ensemble chapeauté par
un cœur tourné vers son Cameroun natal, avec ses chants,
histoires et traditions que sa jeunesse et sa famille mélomane
lui on légué.
Source magnifique d’inspirations.
Quand son premier album, Scenes from my life, est sorti
en 1999, on s’attendait à un album jazz, vu ses fréquentations
: il a en effet joué à Paris avec Didier Lockwood,
Marc Ducret, Manu Dibango, Salif Keita, à New York avec Harry
Belafonte Larry Coriell, Michael et Randy Becker, Steve Gadd, Franck
Mac Comb...
Ses inspirations de travail sont en outre versées sur
Weather Report, Miles Davis, Chet Baker et Ben Webster, au final
un initié au jazz.
Et son album sort de ce milieu. Il raconte des histoires dans le
style de la musique de son pays, avec un chant très pur,
autre des grands atouts de Richard Bona.
Avec Jean-Michel Pilc, Michael Brecker et Omar Hakim, il compose
des chansons de vie, autour d’une musique riche et envoûtante,
dont les textes parlent d’amitié, de regrets, d’amour, ou
de rencontres. L’album est simple et très beau.
Richard Bona n’a que 34 ans, et son parcours l’a déjà
amené au plus haut niveau.
La suite nous réserve inévitablement de grands moments
d’extase... à suivre.
Serge . B