Ben Harper - Diamonds On The Inside
Une guitare sur les genoux, armé
d’un bottleneck, Ben Harper n’est pas ce qu’on appelle une bête
de scène. Pas d’effets pyrotechniques à vous couper
le souffle ni de batteur suspendu à un câble… Et pourtant,
il suffit de s’être déplacé ne serait-ce qu’une
fois à un de ses concerts pour comprendre que cela n’a aucune
importance. C’est là le privilège des artistes charismatiques.
Leur présence suffit. Pourquoi parler de Ben Harper maintenant
? Tout simplement parce qu’il nous rend visite et qu’il ne faut
surtout pas rater ça.
En attendant sa venue, et pour combler une lacune impardonnable,
revenons sur son dernier album, décrié par certains
mais encensé par d’autres. Deux clans s’opposent : les fans
de la première heure qui ont délaissé le pauvre
Ben parce qu’il n’est plus le même, préférant
séduire un public plus large, quitte à faire des concessions,
plutôt que de rester un irréductible défenseur
des droits des opprimés. Car il ne faut pas oublier que le
combat annoncé dès les premières heures de
sa carrière est autant politique que musical. Dans une moindre
mesure, il entend continuer le combat mené par Bob Marley
et autres musiciens engagés.
A ce groupe de mécontents (qui ont tout à fait
le droit de l’être) s’oppose la catégorie séduite
par le nouveau Ben, plus beau, plus fort, qui lave plus blanc que
blanc et qui est encore vachement engagé. Plus sérieusement,
il s’agit de monsieur-tout-le-monde, qui ne le connaissait sûrement
que de nom, et qui l’a découvert grâce aux passages
radio. On ne peut pas lui en vouloir d’aimer ce que fait Ben Harper
en 2003, étant donné qu’il ne connaît sûrement
rien d’autre de lui. « Diamonds On The Inside »
est un bon album qu’il écoute avec plaisir. Il a d’ailleurs
bien raison.
On comprend cependant volontiers les fans de la première
heure qui se sentent délaissés. Cet album n’est pas
mauvais en soi, au contraire. « When it’s good »
rappelle ses premières chansons, guitare slide en avant,
roots à souhait. On reste en revanche dubitatif devant d’autres
titres calibrés radio qui sont peut-etre efficaces, mais
sûrement dispensables. C’est une chose acquise, Ben Harper
a évolué. En bien pour certains qui le trouvaient
trop « mou », en mal pour les aficionados de «
Fight For Your Mind ».
Que l’on soit pour ou contre la nouvelle direction prise par
le chanteur, on ne peut nier son talent. Sieur Harper n’a pas son
pareil pour hypnotiser une salle entière. Son message, s’il
est plus édulcoré, reste assez audible pour être
entendu par un nombre de fans sans cesse croissant. Cela force le
respect.
A noter : Ben Harper sera en concert au Palais Nikaïa, à
Nice, le 12 Novembre. A l'heure où nous publions cet article,
le concert est d'ores et déjà complet…
Site officiel : http://www.benharper.com