Bad Religion : The Empire strikes first
(Epitaph)
Bad Religion a encore frappé fort… mais ça
devient une habitude depuis 1980 et treize albums. En matière
de punk-rock/hardcore mélodique, Bad Religion est le maître
incontesté et, pour tout dire, quasiment le créateur
du genre. Ses pères se nomment Black Flag, Dead Kennedys
ou encore Sham 69, et ses héritiers Green Day, NOFX ou encore
Burning Heads. Le guitariste Brett Gurewitz quitta d’ailleurs un
temps le gang pour s’occuper du label qu’il avait créé,
Epitath, sur lequel explosa un petit groupe alors totalement inconnu,
Offspring.
Mais il n’y a qu’un seul Bad Religion. Refrains entêtants,
chœur appuyés, rythmiques rapides qui fleurent bon les Ramones
sont sa marque de fabrique, ainsi que des paroles à forte
dose de lucidité sociale et de très haute tenue, qui
ne dictent pas une opinion mais poussent à s’interroger.
Même si le style du combo a peu évolué au fil
des ans, il s’est indéniablement affiné (ramolli,
dirons ses détracteurs, à qui l’on souhaite bien du
courage pour trouver la faille dans ce nouvel album).
The Empire strikes first s’avère une excellente
cuvée, qui se bonifie au fil des écoutes. Une synthèse
quasi parfaite de morceaux baston (mais toujours accrocheurs) aérés
par quelques mid-tempos tout aussi efficaces (To Another abyss).
La moitié des titres pourrait faire office de single si radios
et télés ne préféraient la daube marketée
à mort à la musique… mais ceci est une autre histoire.
Dès le premier titre, Sinister Rouge, le ton est
donné: moins de deux minutes au compteur et une bonne baffe
en travers de la face religieuse. Suivent, pour vous donner un aperçu
des thématiques, Social Suicide, Atheist Peace, plus
loin Los Angeles is burning, Let them eat war (Let them
eat war!/That’s how to ration the poor) et, bien sûr,
la chanson qui donne son titre à l’album,The Empire strikes
first, référence à une actualité
qui ne cesse de brûler depuis un certain mois de mars 2003.
Avec trois guitares, autant dire que la saturation tourne à
plein régime mais en restant étonnamment mélodique.
Malgré sa hargne musicale, réaction à un monde
où le premier devoir du citoyen semble être de ne surtout
pas réfléchir, Bad Religion se distingue par une générosité
et une accessibilité qui n’ont rien à voir avec les
prémices d’une compromission.
Ce nouvel album s’avère parfait si vous avez envie de
découvrir Bad Religion (ce que l’on vous conseille très,
très fortement) mais devrait aussi ravir les habitués.
«Bad Religion EST le punk-rock», proclamait une pub
pour son précédent album. Sans aller aussi loin, il
est évident que le punk-rock ne serait pas ce qu’il est sans
Bad Religion. Et puis, vous en connaissez beaucoup des groupes dont
le leader, titulaire d’un doctorat en paléontologie/zoologie,
se définit comme un «évolutionniste»?
www.badreligion.com (une vingtaine de titres du groupe,
dont plusieurs issus de The empire strikes first sont téléchargeables
pour vous faire une idée)
www.thebrpage.net
Retour à la page d'actualités