Avril - The Horse Must Be Starving
(F-Com)
Arrivé l’air de rien dans les bacs de nos disquaires
préférés, le disque d’Avril n’a pas manqué
de piquer la curiosité des accros de musique électro.
Un nom quelque peu énigmatique, un titre d’album complètement
déroutant, rien de tel pour faire parler de soi sans avoir
à débourser des millions en publicité.
Avril n’est cependant pas lâché seul dans la nature
puisqu’il a été signé chez F Com, label de
Laurent Garnier. Ces derniers jouent la carte de la diversité
tant la musique d’avril est éloignée des productions
house et deep house qu’on a eu tendance à trouver sur ce
label ces derniers temps.
On ne sait d’ailleurs pas trop comment considérer cet album,
tant les ambiances diffèrent d’un morceau à l’autre.
Tantôt électro-pop, tantôt minimaliste brumeux,
Avril oscille entre des mondes parallèles censés destinés
à ne jamais se croiser. La rencontre a cependant bien lieu,
et cela sans véritable faute de goût.
Les morceaux orientés pop sont de vraies chansons dignes
de ce nom, construites avec soin et arrangées dans l’esprit.
On évite par conséquent (pour notre plus grand bonheur)
les collages approximatifs et les titres bancals sans réel
intérêt (comme c’est trop souvent le cas dans les productions
électro).
La recherche sonore n’est cependant pas laissée de côté,
cela serait dommage pour un disque électro ! On sent qu’Avril
est un bidouilleur et qu’un gros travail de production a été
fourni. Servi par des sonorités rêches et froides,
sa musique parvient à mélanger les genres, donnant
au final un goût aigre-doux loin d’être désagréable.
Côté influences, on peut dire que ça ratisse
large : alors que certaines intonations rappellent le chant fragile
et torturé de Thom Yorke (« Eye World »), d’autres
vont carrément lorgner du côté de George Michael
(« The Date »)! Tout cela reste cependant anecdotique
et on ne saurait taxer Avril de plagiat, au contraire.
S’il arrive à presque tout faire tout seul, Avril ne se
gène cependant pas pour inviter ici et là quelques
chanteuses comme Ana Rago ou encore Beth Hirsch qui vient poser
sa voix fragile et perlée sur un «Helium Life Boat
» qui surplombe le reste de l’album. A tel point que l’on
vient à regretter qu’elle n’apparaisse que sur ce titre.
Avec cet album, Avril nous prouve que l’on peut concilier Downtempo
et Pop sans devoir sacrifier l’un des deux et en gardant une certaine
homogénéité. Je ne sais pas s’il était
vraiment nécessaire de laisser un cheval crever de faim pour
pondre cet album, mais on peut dire en revanche que ce dernier est
une réussite. A suivre…De près !
Site officiel : http://www.fcom.fr
Merci à F-Com…