Cédric Atlan : Elève indiscipliné,
pense trop aux filles (Columbia)
"D'abord on Playskool, puis on Playmobil, puis
on Playstation, et enfin on plaît aux filles". C'est
grâce à ce refrain accrocheur que le jeune Cédric
Atlan a réussi à faire parler de lui. Retour sur le
parcours d'un provincial arrivé dans la capitale la tête
remplie de rêves…
Cédric Atlan est né le 17 mars 1976 à
Châtellerault. Il quitte le conservatoire, trop conservateur,
après quelques années, pour s'enfermer dans sa chambre.
Sa passion ? Démonter les chansons de ses artistes préférés
pour voir comment c'était fait à l'intérieur
et essaye de les remonter dans un ordre qui lui est propre. Parmi
les références que Cédric revendique, nous
retrouvons Dutronc, Bashung, Gainsbourg, Souchon, Solaar et Goldman,
bien sûr.
A 15 ans, il écrit sa première chanson pour une
fille, et en Mars 98, il quitte Angers où il a fait ses études
et monte à Paris où il y a des boîtes, donc
des filles, et des boîtes de disques. Décidément,
Paris lui plaît. En Mars 2001, il décroche un contrat
d'artiste chez Sony Music, "My first Sony" comme il dit.
A partir de là, les choses changent radicalement. On lui
présente la Obispo family : il fait les premières
parties de Zazie, et son album est réalisé par un
certain Pierre Jaconelli, lequel travaille avec environ la
moitié du showbiz français actuellement… Ca commence
bien !
Début 2003, le label Columbia commence à envoyer
aux médias un single promotionnel chanté par un p'tit
jeune. Le titre de la chanson, à l'époque, est "Playskool"
(NDR : C'est maintenant un collector que je garde précieusement…).
Cette chanson est extraite de l'album à venir "Zéro-Un"…
Et là surprise : les medias adorent ! Allez hop ! On lance
la machine : alors que les radios intègrent ce futur tube
dans leurs play-lists, la chanson est rebaptisée "Enfin
on plaît aux filles" (NDR : logique…).
Même l'album change de nom : il se prénommera désormais
"Elève indiscipliné pense trop aux filles".
Et je dois avouer que cet album va faire l'effet d'une bombe
dans le (morne) paysage de la variété française.
Bon, en ce qui concerne la voix, il n'y a rien d'original. Il chantonne…
Mais ça n'est pas grave, l'intérêt est ailleurs.
Dès le début, on pige le truc : Cédric
Atlan, auteur-compositeur-interprète, joue sur les mots,
et joue avec les mots, comme dans "Elisabeth"
: "Elle est parfaite de face et de fesses", "J'vais
pas couper l'espoir en deux", "Je dis à
cette fille bonchic, bonjour"... Ses textes, qui tournent
presque uniquement autour de la femme, mélangent charme,
insolence, ironie et tendresse ("Tu l'as vu ? Qui ? Mon
Q.I !"). Mention spéciale aux textes "Come
in", marrant ("mon cœur est bi-place, je fais
de la place") et "Q.I" ("Kennedy
n'a pas pu être touché par ricochets" … "Marylin,
tuée parce qu'elle savait, pas par ses cachets"
… "Le Mollah Omar, Oussama, jamais ne se sont cachés"…).
Intelligent le Cédric ! C'est bien la première fois
qu'on entend ce type de textes dans la variété française.
Ca change un peu…
Deuxième originalité : Cédric est le premier
chanteur français à utiliser autant de marques dans
ses chansons : Kérastase, Crème Oil of Olaz, Baskets
basses Adidas, Playskool, Malboro, Playstation, Playmobil, etc.
Ca sonne sonnent court, vite et fort et fait naître des images
flash. Ce qui nous donne le refrain du single, qui traduit "l'évolution"
de l'homme : "d'abord on Playskool, puis on Playmobil, puis
on Playstation, et enfin on plaît aux filles". Très
original !
En ce qui concerne le son, le jeune Cédric pourra remercier
chaleureusement Pierre Jaconelli. On atteint une très
grande qualité. Mais en réalité, Jaconelli
a réalisé l'album en respectant l'auteur, l'interprète
et l'univers qui se dégageaient des maquettes de Cédric.
Le nouveau tandem a le sens de l'accroche, du gimmick et de l'équilibre.
Le son est propre et aéré, et, comble du sublime,
c'est Jaconelli qui se charge des guitares !
En conclusion : belle gueule, des refrains qu'on retient d'emblée
(même si Cédric a écrit paroles et musiques
pour la majorité des chansons figurant sur cet album, il
en a co-signé quelques-unes avec Cyril Assous ou Thierry
Chazelle), un son au top, des textes marrants… Mais… Car il
y un mais. Déjà le titre de l'album :"Elève
indiscipliné, pense trop aux filles"… Un peu long pour
un titre d'opus. Ensuite : À peine 10 titres pour un total
qui dépasse difficilement les 37 minutes de musique. On se
fout de notre gueule ? Depuis les Beatles, on n'avait plus vu ça.
Cependant, en pesant le pour et le contre, il serait regrettable
de lui en tenir rigueur. Un bref tour d'horizon nous fait apparaître
la vérité : si l'on considère les auteurs-compositeurs-interprètes
par ordre chronologique : Goldman vieillit (pardon maître…),
Obispo va bientôt tomber du haut de son ego, de Palmas s'embourgeoise
avec Céline et Johnny… Heureusement Cédric Atlan arrive.
Enfin !
Site officiel : www.sonymusic.fr/cedricatlan/